Une chance à saisir

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André Macron


André Macron

Accompagnant le retour sur les bancs de l’école viennent aussi les éternelles lamentations des débuts d’année scolaire : les mines déconfites des levers difficiles, les grincements de dents des premiers travaux à domicile et les fatigues physiques et mentales d’un horaire trop rempli. Si certains se font une joie de rentrer à l’école, pour d’autres, c’est loin d’être une sinécure ! Le simple fait de « devoir » étudier semble l’épreuve insurmontable et provoque, avant même de s’y atteler, les inquiétudes et les angoisses qui paralysent et qui figent.
Dans un monde où l’instantané est roi, l’effort de longue haleine ne rapporte pas immédiatement assez. Les avantages, on a beau se les faire incessamment répéter, on a bien du mal à les imaginer. Ainsi donc, passant entre les mailles d’un filet trop lâche, de nombreux jeunes quitteront l’école, crédits accumulés, diplôme en poche peut-être, incapables pourtant de lire ou d’écrire correctement. Comme chaque année, le 8 septembre dernier, on célébrait encore la Journée internationale de l’alphabétisation, une occasion en or de souligner les progrès accomplis, mais aussi de prendre conscience des nombreux défis qui restent à relever.
Aujourd’hui, près d’une personne sur sept est illettrée et sur les 860 millions d’illettrés, 500 millions sont des femmes. Aujourd’hui encore, près de 50 % des Québécois ont de faibles compétences en littératie. Si environ 16 % des Québécois sont complètement analphabètes, 33 % d’entre eux sont en situation d’analphabétisme fonctionnel, autrement dit leurs capacités en lecture se situent en deçà de celles requises pour obtenir un diplôme d’études secondaires, occuper un emploi de base sur le marché du travail et acquérir de nouvelles compétences professionnelles. La plupart d’entre eux ont pourtant fréquenté l’école jusqu’à l’âge de 16 ans !
Dépassant de loin la simple compréhension des mots sur une page, la littératie influence les perspectives d’emploi et le revenu. Elle influence également le statut social, le niveau de participation à la vie politique, les possibilités d’expression culturelle, la santé, l’accès aux services sociaux et à l’apprentissage. C’est toute la survie d’un peuple qui en dépend puisqu’elle assure la pérennité d’une langue et qu’elle améliore la qualité de vie, réduisant considérablement les taux de chômage et de pauvreté. C’est toute la survie d’un Homme qui en dépend alors que, dépassant la honte et l’ignorance, aux yeux des autres et de lui-même, elle lui permet d’exister !
L’apprentissage n’est jamais facile… Mais à l’instar des exercices physiques qui font souffrir, il procure énormément de plaisir à celui qui, le pratiquant régulièrement, parvient à progresser. Et puisqu’il faut user les fonds de culotte sur les bancs de l’école, il faudrait bien que ce temps-là, plutôt que d’être, pour de trop nombreux jeunes encore, une occasion manquée, il faudrait bien que ce temps-là soit leur chance d’exister. Le peuple québécois est batailleur et plus que tout autre peuple, il sait qu’il faut se batailler pour un avenir meilleur !
(Source : site du Conseil canadien
sur l’apprentissage)