Un sérieux conflit de travail se prépare à la MRC de Pontiac ?

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Justin Prest

MRC DE PONTIAC – Lors d’une réunion des membres de la section locale du 8 septembre, les employés de la MRC de Pontiac ont voté à l’unanimité en faveur de l’adoption de moyens de pression, en réponse à ce qui est perçu comme des railleries de la part du directeur général (DG) de la MRC, Bernard Roy, selon le président régional Laurentides-Lanaudière-Outaouais du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec, Michel Girard. Dans une entrevue accordée au Journal le 12 septembre, M. Girard a dressé un portrait sombre des relations entre le DG et les employés de la MRC. Selon lui, les syndiqués du Pontiac ont voté en faveur d’une augmentation des actions syndicales progressives pouvant aller jusqu’à la grève.

M. Girard a expliqué qu’il a reçu un appel le 2 septembre du négociateur en chef, qui a déclaré : « Ça ne marchait pas du tout à la table de négociation. » Il poursuit : « Il devait y avoir une rencontre le 7 septembre, mais nous l’avons annulée, car l’employeur ne semblait pas du tout vouloir négocier. Le directeur de la MRC, Bernard Roy, n’est pas ouvert aux négociations. De plus, ce qui est sur la table, c’est juste de la récupération. Rien n’a changé. On parle toujours d’une augmentation de 10% sur 5 ans, dont 1,75% la première année. Ils veulent aussi récupérer une semaine de vacances des employés les plus anciens de la MRC. C’est loin de ce que nous attendions. Nous parlions de 13% sur 5 ans, ils offrent 10%. C’est ridicule quand on regarde ce que toutes les autres MRC de la région ont offert », a-t-il déclaré.

M. Girard a précisé : « L’information que nous avons est que les maires ne sont pas au courant de ce que M. Roy dit à la table. Pour eux, tout va bien, selon ce qu’ils ont comme information. Mais de notre côté, les choses ne vont pas bien du tout. Nous avons rencontré les employés le 8 septembre et ils ont dit à l’unanimité : « Nous voulons faire pression, jusqu’à la grève ». Un vote unanime, j’ai rarement vu ça !

D’habitude la majorité, oui ; mais que tout le monde soit d’accord sur quelque chose comme ça, je n’ai jamais vu ça. Le fait que le matin du 8, M. Roy ait annoncé à tout le monde qu’il leur enlevait le télétravail et le projet pilote d’horaire variable [heures de début variables avec heures de fin correspondantes] ; je pense que c’était une stratégie de l’employeur. Nous ne nous laisserons pas prendre à ce jeu-là ».

La préfète Jane Toller a semblé confirmer l’hypothèse de M. Girard lorsqu’elle a entendu parler du vote. « Je n’avais pas entendu dire que [l’action syndicale] était une possibilité à ce stade, mais je ne suis pas impliquée dans les négociations. » Selon la directrice de l’établissement, il n’y a eu, à sa connaissance, « aucune rupture des communications et, à l’heure actuelle, rien n’est sur la table. En tant que préfete, je veux m’assurer que nos employés sont heureux. Mais je respecte aussi la confidentialité. Je ne connais pas les détails, mais je ferai tout ce que je peux [sans interférer dans les négociations] pour que nos employés soient heureux. Un personnel heureux est un personnel productif. Et il ne s’agit pas seulement de salaire et d’avantages sociaux. C’est le progrès. Avancer et faire avancer les choses. Et c’est ce que le Conseil des maires et moi-même voulons voir. Nous voulons voir toutes les parties de la MRC travailler en équipe pour les gens du Pontiac. La MRC est un endroit où il fait bon travailler, et nous voulons que cela reste ainsi ; c’est l’un des meilleurs endroits où travailler dans le Pontiac ».

Interrogé sur l’augmentation du roulement de personnel à la MRC, Mme Toller a expliqué qu’il y a 34 à 36 employés en tout temps et que « la plupart de ceux qui viennent, restent aussi longtemps qu’ils le peuvent. À mon avis, nous vivons à une époque très différente, et je pense que l’expérience de COVID a eu un impact sur la façon dont ils se sentent par rapport au fait de venir travailler ou de travailler à la maison ». Elle a déclaré qu’il n’est « pas surprenant que nous ayons un roulement de personnel en ce moment, mais nous avons un plan pour combler les postes. Le taux de roulement le plus élevé a été enregistré dans le domaine de l’évaluation des propriétés, car il peut être exigeant d’aller évaluer les propriétés ; il y a du travail le soir et le week-end. Vous pouvez essayer pendant quelques mois, puis réaliser que ce n’est pas pour vous ».

Des questions ont également été soulevées récemment concernant les quelque 20 000 $ dépensés pour une « formation en ressources humaines », plus tôt cet été. Mme Toller a fait remarquer que cette somme avait été « approuvée par le Conseil des maires, en public, et dépensée spécifiquement à l’adresse…… pour améliorer les opérations ». Certains ont attribué cette somme à une formation au leadership pour le directeur de la MRC, mais Mme Toller a clairement indiqué qu’elle ne confirmait ni n’infirmait aucune affirmation sur la manière dont l’argent avait été dépensé ou sur quel(s) employé(s), invoquant la confidentialité et la vie privée des employés.