Un monument historique en péril

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Arnaud de la Salle



Arnaud de la Salle

PORTAGE-DU-FORT – L’obélisque qui se dresse en bordure de la rivière des Outaouais fut érigé en 1856, en l’honneur d’une grande dame du Canada,  Lady Anna Maria Head qui fut la première canadienne à avoir remonté la rivière en canoë. Épouse du Gouverneur général Edmund Walker Head, de 1854 à 1861, elle fut notamment une proche amie de la Reine Victoria et contribua à faire d’Ottawa la capitale           du Canada.
A cette époque, le village de Portage-du-Fort était très influent et son économie prospère en raison de sa situation            géographique qui permettait le transport du bois et des fourrures et de ses             nombreuses carrières de tuffeau qui fournirent les pierres à la construction du parlement d’Ottawa.
Aujourd’hui, 150 ans plus tard, cette obélisque est le vestige de cette période d’effervescence et d’édification du Canada et son état de conservation est compromis si rien n’ est fait pour la sauver.
Un petit groupe d’habitants s’est           constitué pour former un comité de défense du monument afin d’entreprendre les démarches administratives d’obtention d’aide auprès de Patrimoine Canada ainsi qu’auprès d’autres organismes pouvant œuvrer à sa préservation. Madame Frances Shea agit en tant qu’agent de liaison au sein de ce groupe et coordonne toutes les recherches et demandes. La Municipalité de Portage-du-Fort n’a pas souhaité communiquer avec le Journal au sujet de sa possible implication dans le dossier.
Le monument ne présente aucune plaque rappelant son histoire réelle liée à Lady Anna Maria Head cependant, il y      figure une autre plaque commémorant le sacrifice de soldats canadiens lors de la Deuxième guerre mondiale. Il semblerait donc qu’il ait été quelque peu détourné de sa signification d’origine et utilisé comme monument aux morts.
Rappelons qu’Henri Usbourne, un négociant en bois de Portage-du-Fort eut l’initiative de construire l’obélisque et qu’il y eut une plaque où était inscrit : » En souvenir de la visite de Lady Head en canoë du haut Outaouais en septembre 1856 ». Visiblement, cette plaque a été retirée du monument et placée à un autre endroit dans la       communauté.
Qu’adviendra-t-il de l’obélisque de Portage-du-Fort? Le Journal s’en tiendra informé et relayera tout développement future à ses lecteurs.   Affaire à suivre…