Un édito-slam

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Domanique Bowmans
Éditorialiste InvitéE
Guest Editorialist


Domanique Bowmans
Éditorialiste InvitéE
Guest Editorialist

À l’instar de David Goudreault, un slameur reconnu de la scène québécoise, je vous propose, en ce début d’année, un édito-slam. Difficile de vous dire exactement de quoi il s’agit alors que le slam lui-même n’est pas encore clairement défini.
Retenez seulement ceci : cela peut ajouter dans votre vie un peu de poésie et c’est bien le souhait que je nous fais : dans toute cette noirceur, un peu de poésie pour raviver les cœurs ! Cet édito-slam vous est dédié, chers lecteurs. Il s’inspire du film d’animation de Steve Cutts, « Are you lost in the world like me ? », le titre est en anglais, mais le film est sans paroles.

Débranche, s’il te plaît !

T’es peut-être branché sur le reste de la planète, mais moi, j’suis juste à côté. T’es peut-être branché sur le reste de la planète, mais moi, je crie : « À l’aide » à m’en époumoner.

J’ai mal au cœur du monde qui va mal. Je crie : « Au secours ! », mais t’es aveugle et sourd. Je manque d’air et toi, tu laisses faire. Pire, tu veux juste pas m’entendre parce que ça te donnerait le goût de te pendre.

J’ai mal au cœur du monde qui va mal. Je crie : « À l’aide ! », mais je suis seule sur ma planète.

Tu vis ta vie au virtuel pour te sauver de la vie, la vraie, celle dans laquelle je vis. Tu vis ta vie au virtuel pour te sauver de ma vie, la vraie, celle dans laquelle je suis et je t’appelle pour nous sauver la vie.

T’es peut-être branché sur le reste de la planète, mais moi, je suis là, à côté de toi. Tu ne me vois pas, tu ne m’entends pas et moi, je me noie, à côté de toi… juste à côté de toi !

Tends la main, tu peux presque me toucher. Mais c’est vrai, j’oubliais, t’es branché ! Si tu voulais, tu pourrais me toucher; si tu voulais, rien qu’une fois, débrancher.

Alors, je t’appelle, tu ne réponds pas. Tu fais la sourde oreille. Pourtant, j’ai besoin de toi. Alors, je t’en prie, réveille-toi…

Parce que j’ai mal au cœur du monde qui va mal. J’ai mal à ton cœur qui me bat.

Pour toutes celles et tous ceux qui ne lâchent plus leur téléphone cellulaire, qui communiquent sans cesse, sans plus jamais parler à celui qui est à côté… et pour celle ou celui qui vit en décalage, qui cherche à se faire écouter, mais qui n’arrive même plus à se faire entendre, je nous souhaite à tous, pour cette année, de débrancher.