Un décret qu’il faut expliquer et publiciser

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Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist

Les festivités du 1er juillet ont permis de nous changer les idées, mais il en demeure pas moins qu’actuellement de nombreux citoyens du Pontiac sont encore aux prises avec l’impact des inondations. On en parle peu, plusieurs médias se

Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist

Les festivités du 1er juillet ont permis de nous changer les idées, mais il en demeure pas moins qu’actuellement de nombreux citoyens du Pontiac sont encore aux prises avec l’impact des inondations. On en parle peu, plusieurs médias se
sont désintéressés de la situation, mais le Pontiac ressent toujours les effets
de cette catastrophe. À L’Isle-aux-Allumettes, le 17 juin dernier, de nombreuses personnes ont indiqué n’avoir pas encore rejoint le Ministère de la Sécurité publique, être à l’étape d’évaluer certains dommages ou encore faire face à des problèmes de logement. Le député André Fortin a donné comme conseil de faire attention à la santé mentale des sinistrés, je lui donne entièrement raison. Il y a encore des centaines de personnes qui vivent entassées dans des maisons avec leurs effets personnels, leurs animaux et qui ne rentreront pas à la maison de sitôt. « J’ai tellement des hauts et des bas, parfois je suis en colère sans raison » me confiait une sinistrée.
Les citoyens présents  à L’Isle-aux-Allumettes ont bombardé les municipalités de questions. « Merci de votre patience parce qu’on n’arrive pas à fournir, puisqu’il y a des centaines de résidences concernées », expliquait la directrice de Chichester et de L’Isle-aux-Allumettes, Alicia Jones, elle-même touchée par les inondations et revenue d’un congé de maternité plus tôt que prévu. Ça donne une idée des ressources limitées des municipalités. Dans ce contexte, l’adoption du gouvernement du projet de décret visant à déclarer une zone d’intervention spéciale (ZIS), prévoyant une interdiction de construire, reconstruire et de réparer un bâtiment dans les secteurs touchés, avec possibilité d’exception, risque d’accentuer la pression sur les municipalités et les sinistrés. 
Questionné sur la suite des choses, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, m’indiquait au mois de mai, qu’il fallait « se poser des
questions ». Il a raison, mais le gouvernement doit surtout répondre aux questions et communiquer l’information. Les médias locaux ont été fort utiles durant les
inondations. Je suis directeur d’une station de radio communautaire et j’écris dans ce journal, et j’ai bien vu notre importance.
À titre d’exemple, j’ai dû intervenir à 31 reprises en ondes pour indiquer que l’information qui circulait sur Facebook concernant la fermeture du pont Blanc à Mansfield était fausse. Ce qui m’amène à dire que la rencontre du 4 juillet
prochain à Campbell’s Bay sur la zone d’intervention spéciale, en plein jour, soit à 15 h, a été peu publicisée et cause déjà des réactions négatives chez les sinistrés. Il y a certainement une évaluation à faire pour le gouvernement concernant les stratégies de communications employées jusqu’à maintenant.