Témoignage d’un travailleur forestier

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J’ai commencé à travailler en foresterie quand le métier prospérait.
J’étais un draveur de 1977 à 1982 pour E. B. Eddy sur la rivière Coulonge. 100 milles de flottage de bois du lac Pomponne à J. E. Boyle.

J’ai commencé à travailler en foresterie quand le métier prospérait.
J’étais un draveur de 1977 à 1982 pour E. B. Eddy sur la rivière Coulonge. 100 milles de flottage de bois du lac Pomponne à J. E. Boyle.
Je peux vous confirmer que, durant ce temps-là, les bûcherons, les camionneurs et les draveurs étaient bien rémunérés, si on compare à aujourd’hui.
C’est un non-sens où nous sommes rendus.
Depuis 20 ans, je suis technicien forestier. Durant ma jeunesse, 8 emplois sur 10 venaient de la forêt.
Je me rappelle : Chapeau, Waltham, Vinton, Fort-Coulonge, Rapides-des-Joachims, Campbell’s Bay, Otter Lake, Kazabazua et Shawville vivaient de la forêt.
Le moulin de Portage et J. E. Boyle avaient une ligue de hockey et une équipe de balle molle. Nos arénas de Shawville et de Fort-Coulonge étaient occupés. Nous avions une population d’environ 20 000 dans le Pontiac.
Dans la région de Fort-Coulonge, nous pouvions compter au moins 57
commerces. Nous avions des familles de camionneurs : les Laroche, Denault, Graveline, Rivet, Soucie, Picard, Tallon, Nephin, Fleming, Marcotte, Lafleur, Frost, Morin, Duquette, Landry, Drouin, Sparling et beaucoup d’autres. Il y
avait une association de camionneurs, avec une soixante de membres, dont Hector Denault était le président.
Dû à la politique hypocrite et à la lâcheté de nos politiciens, nos
scieries et Smurfit Stone sont maintenant fermés. Le résultat d’un coup monté, cela a tué le Pontiac et les alentours.
Aux politiciens et députés qui nous représentent aux réunions, j’aimerais qu’on m’explique le raisonnement de nos élus.
Le bois est à nos portes, dans notre comté.  On passe sur la route 148 devant deux de nos moulins et on apporte le bois à Maniwaki, Mont-Laurier et Thurso. Trois villes qui « booment » en ce moment. Nous, dans le Pontiac, on crève. On nous vole notre richesse naturelle. On n’a pas besoin d’une Maîtrise pour voir que ça n’a
pas de bon sens.
Tout est à la portée du Pontiac pour réussir, mais les élus travaillent contre nous. Où est le leadership, M. le député, car pour que les maires votent majoritairement pour le pont qui traversera la Coulonge au km 208, il y a quelqu’un qui fait de la « magouille » pour prendre une telle
décision sans raisonnement. Prenez le temps de réfléchir avant d’agir.
En 2009, le gouvernement était prêt à participer pour réparer le chemin du Jim (Bois-Franc). Le gouvernement devait investir 3 millions de dollars et la MRC avait à débourser 300 000$.
LA MAJORITÉ DES MAIRES ONT VOTÉ CONTRE.
En 2016, on donne 200 000$ pour le pont au camp 208 qui va traverser la rivière Coulonge. Où est le bon sens?  C’est difficile de s’orienter vers l’avenir de notre comté quand nos élus ne peuvent pas garder l’économie du Pontiac pour l’avenir de nos jeunes.
Arrêtons de rêver en couleur avec le projet de 350 millions de dollars pour la Biomasse et les énergies et l’argent gaspillé au projet Trebio et concentrons-nous sur ce que nous avons déjà en place. On a tout pour réussir, il s’agit de
travailler ensemble, l’union fait la force. Si tu oublies d’où tu viens, tu vas perdre ton chemin.
Depuis les années 80 (Libéraux au pouvoir), fin de la drave, diminution du nombre de camionneurs et de bûcherons, fermetures de moulins, SOPFEU et commission scolaire partis pour Maniwaki, Smurfit parti à Thurso et la Santé toute chambardée et qui se dirige vers Gatineau. Il nous reste Davidson, qui a du potentiel pour recommencer avec ses séchoirs et Jovalco, qui a aussi beaucoup de potentiel, mais on néglige de les aider. Le seul positif, c’est Pharand, qui semble aller très bien.
Le résultat : le Pontiac est le comté le plus pauvre au Québec alors que, il y
a 100 ans, on était les plus riches au Canada.
Moi, j’espère juste que vous réfléchissiez. Pensez à ce que nous vivons présentement ici, dans le Pontiac.  Nous sommes en train de perdre notre identité.
Ce n’est pas un plan de relance que nos politiciens on en vue, mais un plan pour détruire le Pontiac. Assez, c’est ASSEZ.  L’avenir du Pontiac est entre vos mains.Le Pontiac se réveille et se lève.

Denis H. Soucie
(père de famille et grand-père, travailleur forestier)