On pourrais-tu faire un p’tit effort?

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Magasiner localement. Évidemment, on ne se pose même pas la question en
ces temps difficiles pour tous. On est pour le bien-être de nos compatriotes; notre communauté souhaite rien que de bonnes affaires pour nos marchands et
nos commerçants locaux, ça va de soi.

Magasiner localement. Évidemment, on ne se pose même pas la question en
ces temps difficiles pour tous. On est pour le bien-être de nos compatriotes; notre communauté souhaite rien que de bonnes affaires pour nos marchands et
nos commerçants locaux, ça va de soi.
Les temps sont incertains pour eux comme pour nous; l’atmosphère est au gris, une couverture nuageuse se morfond sur le Comté; les nerfs sont à fleur de peau; on est fatigué, tanné, écoeuré de la situation et on tente malgré tout de tirer notre épingle du jeu mais des choses ont changé.
On est devenu adepte de l’achat en ligne. Les portables sont maintenant une extension de notre bras. On jargonne Facetime, Snapchat, Twitter et autres
plateformes numériques. On se trouve bon et ça change la face du monde. On vit l’air de l’invisible, de la communication par visage interposé. Le rapport humain se désagrège, le rapport en ligne se multiplie, se complexifie, se déshumanise, s’évapore, se coupe juste en appuyant sur le petit bouton. OUPS! Mais avec ça, fini la cordialité, la bienveillance, l’empathie, la gentillesse, le respect de l’autre.
Petit à petit, l’irritation s’installe, l’agacement apparaît, l’impatience se
manifeste, l’exaspération montre des dents. Nos vieux »penchants » d’avant la loi 101 refont surface, prennent du gallon, éclatent en plein jour. Et cet élan de partage, d’entraide, de collaboration, de soutien que l’on cultivait au début de la pandémie s’étiole et s’épuise à la face des irritants de plus en plus  visibles, de plus en plus évidents.
OUI, je sais que c’est le Pontiac, que le commerce est plutôt l’apanage de l’autre »solitude », que les efforts consentis il y a plusieurs années sont à bout de souffle, que le vieux réflexe de s’adresser à l’autre dans sa langue première est instinctif et tellement plus facile. Alors, pourquoi en faire tout un plat!
Si j’en fais tout un plat c’est que depuis un certain temps, l’attitude nonchalante
de plusieurs commerçants du Pontiac vis à vis de la langue française se manifeste de plus en plus ouvertement et de façon presque délibérée comme pour décourager le fautif  i.e. celui ou celle qui a l’audace de s’exprimer en français et qui souhaite se faire servir dans sa langue. Ça devient insupportable et insultant à la longue.
Ce sont de tels irritants qui finissent par enflammer les esprits et détonner le
bon sens. De grâce les marchands (des) et commerçants (tes) du Pontiac, on
pourrais-tu faire un p’tit effort?

Linda Godin
Ile-du-Grand-Calumet