Liberté de religion dans le Pontiac?

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Nancy Hunt (tr. L. T.)


Nancy Hunt (tr. L. T.)

CAMPBELL’S BAY – Une trentaine de personnes du Pontiac, de l’est ontarien et de la Colombie-Britannique se sont réunies le 19 octobre dernier sur la route 148 au bureau de la députée Mme Charlotte L’Écuyer pour exprimer leur opposition à la Charte des valeurs présentée par le gouvernement québécois. Mme L’Écuyer était absente de son bureau à cause d’une rencontre à Bristol.
Jean-Claude Rivest, propriétaire de l’entreprise Jericom, a expliqué les raisons de cette protestation contre la Charte: “Nous devons exiger de nos politiciens que la voix du Pontiac soit entendue à l’Assemblée nationale”, déclarait-il en parlant du plan du gouvernement de bannir le port de signes religieux ostentatoires chez tous les employés de l’État, tels la calotte des Juifs ou le crucifix.
Cette interdiction s’appliquerait à toutes les personnes qui travaillent dans une institution publique, tels les employés des garderies publiques, les médecins, les infirmières, les enseignants, les policiers…
“Je suis ici (à la manifestation) à cause de ma foi”, déclarait Dre Yolette Bazile de Fort-Coulonge qui pratique dans le Pontiac depuis 2009. “Si le Québec adopte cette loi, je ne vais pas accepter de cacher la croix que je porte”, ajoutait-elle en montrant son mince collier en or. Elle faisait aussi remarquer que 10 des 17 médecins oeuvrant dans le Pontiac viennent de l’extérieur du Canada. “Nous faisons déjà face à un manque criant de médecins ici. Est-ce qu’un médecin en provenance du Maroc ou de l’Algérie devrait être forcé de choisir entre ses convictions religieuses et sa profession?”
M. Rivest ajoutait que le public est devenu trop indulgent envers le gouvernement en lui pardonnant d’affaiblir nos droits démocratiques, ce qui pourrait mener à une polarisation dans la société: “C’est déconcertant de constater que nos soldats canadiens combattent outremer pour donner à des populations la même chose que notre gouvernement veut nous enlever”.  M. Rivest est aussi président de la Chambre de commerce du Pontiac.
 "Je suis croyant, mais je suis aussi un homme d’affaires et je me demande comment cette Charte pourrait nuire à l’image de notre province chez les investisseurs".
Accompagnés par les encouragements des passants, les protestataires (en page 1), âgés de 2 à 80 ans, ont marché durant 2 km sur la route 148 pour se rendre au bureau de Mathieu Ravignat, député fédéral du Pontiac. Là, Miguel Rivest, un étudiant de 11 ans de l’école L’Envolée, a lu un message préparé par M. Ravignat pour l’occasion: "Je rejette la Charte des valeurs dans sa forme actuelle… c’est discréminatoire et ouvre la porte à des abus systématiques de la part du gouvernement".
Dre Bazil faisait aussi remarquer: "Je ne suis pas surprise que le Parti québécois introduise cette loi.  La population en général n’est plus habitée par la présence de Dieu et cette situation semble acceptable".