Le MRN poursuivi?

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Lionel Tessier


Lionel Tessier

FORT-COULONGE – Les Algonquins hors réserve Fort-Coulonge étudient la possibilité d’intenter un recours collectif contre le MRN (Ministère des Ressources naturelles) du Québec afin d’obtenir compensation pour leurs camps en forêts qui ont été détruits (brûlés) au cours des dernières années.  Ils font valoir que les terres de la Couronne dans le Pontiac font partie des terres ancestrales des Algonguins et qu’ils y ont des droits étant donné que ces terres n’ont jamais fait l’objet d’un traité et n’ont jamais été cédés: “Nous occupions ce territoire bien avant l’arrivée des Blancs”, soulignait le chef. Il a invité les Algonquins hors réserve dont les camps ont été brûlés par le Ministère à entrer en contact avec son organisation
C’était un des sujets présentés par le chef Roger Fleury lors de la rencontre du 16 septembre dernier à la salle du conseil municipal.  Une vingtaine d’Algonquins hors réserve assistaient à la réunion.
En début de rencontre, après la prière traditionnelle, M. Fleury a présenté ses démêlés avec la Cour dans le cas du camp de son père, situé dans le canton de Sheen.  Il a raconté comment des fonctionnaires du MRN semblaient avoir fourni des informations inexactes et contradictoires à la Cour dans ce dossier, tout en expliquant qu’il ne comprenait pas pourquoi le MRN et les fonctionnaires (payés par nos impôts) s’acharnaient sur le cas du camp d’un vieil homme de plus de 90 ans, camp qu’il occupait depuis plus de 50 ans, bien avant la création des ZECs. D’ailleurs, des représentants de la Municipalité de Sheenboro auraient déclaré au Ministère: “M. Fleury jouit de la clause grand-père.  Laissez-le donc tranquille!”.
Le chef Fleury a répété à plusieurs reprises, au cours de la rencontre, que l’objectif  des démarches de son organisation n’est pas d’enlever des droits ou des terrains aux gens qui occupent des terrains dans les TNO (territoires non organisés). Selon lui, “il y a amplement de terrain en haut, là-bas. D’après nos traditions, nous sommes en faveur du partage.  Nous avons toujours partagé.  On ne veut rien enlever à personne”. Son but est de créer une structure pour que les Algonquins hors réserve puisse y tenir des activités dans les TNO.
Ainsi, en avril dernier, voyait le jour le Centre culturel Algonquin hors réserve Fort-Coulonge. Cet organisme a pour objectif d’offrir des services aux nombreux itinérants autochtones qui se retrouvent hors de leur milieu de vie naturel, perdus dans les centres urbains, comme Ottawa. Les camps en forêts des Algonquins pourraient devenir des camps de base pour offrir des services essentiels à cette clientèle.  Déjà trois camps ont été identifés comme faisant partie de ce Centre culturel: le camp du vieux Hector, l’érablière et le camp de Ti-Blanc. M Fleury a invité les propriétaires de camps à faire partie du Centre Culturel et ainsi à aider à offrir des services répondant aux besoins de nos confrères autochtones
En fin de rencontre, Mme Rose-Marie Paquette, vice-chef,  faisait remarquer, à propos du brûlage des camps par le MRNF, que le Ministère n’a jamais reçu d’amende pour ces actions alors que la Municipalité de Mansfield avait été menacée d’amendes si le brûlage des déchets continuait au dépotoir.  De plus, ajoutait-elle, “Ils brûlent les camps, mais ils laissent tous les déchets là (vieux poêles calcinés, contenant de gaz propane, d’huile, d’essence, etc…)”.
Le chef Roger Fleury a aussi promis d’apporter son appui à l’Association Mon Chez-Nous dont le bail de location du camping au lac Bell se termine dans deux ans et auquel le Ministère veut inclure des clauses inacceptables pour les campeurs.