La production acéricole du Pontiac en panne

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Paysannerie Inc à Bristol, ici en train de réaliser une entaille.

Arnaud de la Salle



Paysannerie Inc à Bristol, ici en train de réaliser une entaille.

Arnaud de la Salle

Bristol – Le 16 février le Journal du Pontiac s’est entretenu avec le producteur de sirop d’érable propriétaire de Paysannerie Inc à Bristol, monsieur Marc Bergeron, qui nous a expliqué les démêlés qu’il avait avec la Fédération des producteurs acéricoles afin d’obtenir une augmentation de contingentement ou quota pour qu’il puisse augmenter sa production et développer son entreprise.
Voici une entreprise qui ne demande qu’à croître, investir et embaucher
dans le Pontiac et depuis maintenant 4 ans, il lui est impossible de le faire, car la Fédération ne veut pas lui accorder un permis de produire plus alors que le Québec a déjà perdu 10 % de parts du marché de la production acéricole.
Pour Marc Bergeron, cette situation est totalement absurde : « L’Ontario et les USA produisent plus et le Québec, qui était le leader du marché, ne cesse de produire moins. Pour nous, nous ne sommes pas intéressés à vendre notre sirop au baril à 940 km d’ici aller-retour, nous voulons vendre à l’épicerie du coin qui vend du sirop de l’Ontario au lieu de pouvoir commercialiser le nôtre. Il est anormal que, pour vendre du sirop, ils doivent s’approvisionner en Ontario pour être local (75 km et moins).
« Nous sommes prêts à payer une cotisation à la Fédération pour le collectif de mise en marché, mais je veux vendre mon produit localement  à
Fort-Coulonge, Shawville, Campbell’s Bay ou Clarendon même Bryson. Ils veulent du local pas du sirop fait en Beauce ou en Montérégie. Les commerçants d’ici veulent que ce soit produit dans le Pontiac et connaître le producteur qui peut les informer en anglais sur comment on fait le sirop et le transforme. Ils ne
veulent pas remplir 12 formulaires trop compliqués afin de protéger, à la virgule près, la Fédération au détriment des véritables producteurs ».
La Fédération lui octroie le droit de vendre son sirop dans sa ferme et à des kiosques dans des marchés ou événements locaux, mais uniquement par le producteur ou son épouse. Le salarié de Marc Bergeron ne peut rien vendre pour lui et l’accès aux épiceries est interdit.
Aujourd’hui, il est plafonné à 1480 entailles par la Fédération.  Il voudrait en avoir 5000 et pourrait même exploiter un potentiel de
20 000 entailles, sachant que chaque entaille donne un litre de produit. C’est pour cette raison que Marc Bergeron est en faveur de la dérèglementation prônée par le gouvernement provincial afin de pouvoir obtenir  plus de flexibilité avec la levée des quotas et la possibilité pour un producteur de se retirer du système de mise en marché collective. La Fédération appelle à manifester contre, en défense des gros producteurs, mais pour Marc Bergeron, le système a besoin d’une réforme.
Il a pris l’initiative d’en informer le ministre de
l’agriculture M. Paradis ainsi que nos députés, Will Amos et André Fortin. Son entreprise avait même réussi à trouver un débouché pour exporter son sirop d’érable en Chine mais là encore la Fédération lui interdit.
Le Pontiac a tant besoin d’entreprises qui pourront créer de l’emplois malheureusement celles qui sont à même de le faire sont prisonnières de trop de paperasses. Vous pouvez acheter un pot de miel ou de
confiture au dépanneur provenant d’un producteur local mais vous ne pouvez pas en faire de même avec le sirop d’érable où est la logique dans tout cela?