La disparition planifiée de la foresterie ?

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Comme beaucoup, j’ai appris avec étonnement et tristesse que la scierie Davidson était sur le point d’être démantelée ; sentiments déjà présents en raison de la perte d’une autre scierie, Jovalco. Assiste-t-on à la disparition prévu du principal secteur industriel du Pontiac ?

En lisant les détails de la décision, des souvenirs des années 1980 aux années 90 me sont venus à l’esprit.

À l’époque, j’étais préfet de la MRC de Pontiac et maire de Fort-Coulonge. Le travail ne manquait pas. Pour obtenir quoi que ce soit du Québec et du gouvernement fédéral, les élus devaient rester ensemble, ce que nous avons pu faire le plus souvent et avec de bons résultats. Ex : la PPJ, construit avec trois subventions québécoises totalisant plus de 1 M$ ; le développement des Chutes Coulonge ; et l’obtention d’un prêt de plus de 850 000 $ en 1986 de la Federal Business Development Bank pour reprendre les activités à la scierie Davidson.

Aujourd’hui, je suis nostalgique de cette solidarité. Comment pourrions-nous ne pas l’être, compte tenu de l’inertie de nos élus à l’annonce de la fermeture du site industriel le plus important du Pontiac avec un projet prometteur pour notre région ? C’est comme si la laryngite les frappait collectivement. Rien n’est fait pour changer les choses. C’est comme si on leur disait que ce n’est pas grave et de se taire !

Je ne peux pas expliquer leur silence ou leur inaction. Tout comme je ne peux pas comprendre l’incapacité des propriétaires actuels à obtenir à nouveau des garanties d’approvisionnement (AG) du MRNF. Pourquoi ces refus répétés ?  Il n’y a pas de pénurie de bois dans nos forêts, qui ont grand besoin d’être nettoyées, il est donc essentiel d’avoir une industrie pour récupérer le bois à pâte. On m’a dit que le projet de cogénération de Davidson Energy aurait fait cela, en plus de fournir de bons emplois à long terme et une production d’électricité. Elle aurait joué le même rôle que l’usine de pâtes et papiers de Portage, traitant à la fois du bois scié et du bois à pâte.

Alors, quel est le problème ? Le directeur dit que le plan d’affaires est déficient. De quelle façon ? Pourquoi le même plan d’affaires qui a garanti les réservations d’AG jusqu’en novembre 2018 pour le bois scié et le bois à pâte n’est-il plus bon aujourd’hui ? On m’a dit que ce même plan d’affaires aurait été amélioré à la suite de la présentation d’un protocole d’entente d’un producteur de biocarburants.

Nous ne pouvons pas nous permettre de tourner le dos à notre principale ressource naturelle : le bois. C’est renouvelable ! Jusqu’à preuve du contraire, le meilleur espoir de développement économique du Pontiac est la foresterie. Et pourtant, c’est ce qui se passe. Au final, d’autres MRC bénéficieront de nos lacunes et de notre incompétence.La foresterie est ce qui nous a permis de croître et c’est ce que nous connaissons le mieux.

Continuons à porter des lunettes noires tout en regardant nos politiciens municipaux et provinciaux continuer à enrichir les propriétaires de scieries dans d’autres MRC alors que nous regardons des camions chargés de notre  bois parcourir la route 148 pour le livrer à l’extérieur de notre MRC. Si nous le faisons, nous contribuerons à maintenir notre place de deuxième MRC la plus pauvre du Québec pour les années à venir.

Le Pontiac mérite mieux. Alors, qu’attendons-nous ? Pourquoi ne pas travailler comme par le passé ?

Hector (Junior) Soucie
Fort-Coulonge