La députée Chatel interviendra au dépotoir nucléaire

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Maryam Amini

Le projet d’installation de stockage à faible profondeur (NSDF) sur le site des Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) à Chalk River devient de plus en plus controversé à l’approche de la date d’audience du 31 mai de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).

Si la CCSN approuve la proposition des LNC, l’installation de stockage sera située à moins d’un kilomètre des rives de la rivière des Outaouais. Les LNC affirment que l’installation isolera efficacement et complètement les déchets de la rivière des Outaouais, source d’eau potable pour un million de personnes en Ontario et au Québec. Quatre-vingt-dix pour cent des déchets faiblement radioactifs que l’on prévoit placer dans la NSDF proviendront des laboratoires de Chalk River situés à proximité, tandis que 10 % des déchets proviendront d’ailleurs. Bien que LNC ait déclaré qu’ils ont étudié le site et la situation très attentivement et qu’ils trouvent ce projet sécuritaire, de nombreuses inquiétudes subsistent, les politiciens et les habitants demandant plus de transparence et des garanties fiables. L’économie et l’eau potable de la MRC de Pontiac dépendent toutes deux de la rivière des Outaouais.

Sophie Chatel, députée libérale du Pontiac, a récemment publié sa déclaration d’intervention écrite pour les audiences publiques sur le NSDF. Dans ce document de 13 pages, elle pose 20 questions sur le projet et cherche à obtenir l’assurance qu’il est aussi sécuritaire qu’on le prétend et qu’il ne changera pas à l’avenir.

Elle a suggéré une supervision étroite, plus de transparence et plus de consultation avec la
population locale.

Mme Chatel aura environ 10 minutes pour présenter son intervention ; c’est un court laps de temps pour qu’elle puisse exprimer toutes ses préoccupations et poser ses questions. Elle estime que les questions les plus importantes concernent l’assurance qu’il n’y aura pas de déchets nucléaires de haute activité ajoutés au site ultérieurement. « Ma principale préoccupation est qu’à l’avenir, des déchets nucléaires de haute activité ne seront pas enfouis dans ce site. Ils disent que le site sera uniquement destiné aux déchets nucléaires de faible activité, dont 90 % proviennent de Chalk River. Je veux m’assurer que tous les déchets seront de faible activité et que les déchets nucléaires provenant d’autres sources ne dépasseront pas 10 %.

Mon inquiétude n’est pas due au fait que je ne fais pas confiance au gouvernement. Nous savons qu’il faudra 50 ans pour remplir le site et qu’il y aura de nombreux changements d’ici là. Aucune de ces personnes (actuellement en poste) ne sera là à ce moment-là », a-t-elle déclaré au Journal. « Je veux aussi m’assurer qu’ils ont étudié très attentivement tous les sites potentiels avant de choisir celui-là. Je veux en savoir plus sur les raisons de leur choix. »

Mme Chatel a déclaré qu’elle était au courant de ce projet et qu’on l’avait même interrogée à ce sujet pendant sa campagne électorale. À ce moment-là, elle a déclaré qu’il y avait un processus officiel à suivre. «

Je savais qu’il y aurait des audiences et je m’y préparais. J’avais besoin de m’éduquer, de
parler avec des professionnels et de visiter les sites.

Je préfère disposer de tous les faits avant de suggérer quelque chose et de prendre position. Il y avait de longs documents, des milliers de pages, que je devais étudier. Je sais qu’ils liront toutes les soumissions et j’espère que mon intervention apportera un changement. Je pense que mes questions et mes suggestions sont très raisonnables et j’attends avec impatience leur décision. »

Mme Chatel a également signalé une préoccupation pour les déchets nucléaires existants sur le site de Chalk River. « Beaucoup ne savent pas qu’il y a déjà des déchets nucléaires de haute activité stockés temporairement sur le site et c’est inquiétant. Je sais qu’ils sont stockés en toute sécurité, mais je veux savoir quand et comment ils vont déplacer ces déchets. Les bâtiments du site sont très vieux et sujets aux incendies. »

À la question de savoir ce qui peut être fait pour atténuer les risques si le projet est approuvé, Mme Chatel répond : « J’aimerais que le site ne soit pas là pour commencer, mais que pouvons-nous faire ? Pour l’instant, nous attendons leur décision. Peut-être que c’est un non au projet, mais si c’est un oui, notre travail sera difficile. Nous devrons créer un groupe avec les habitants, y compris les dirigeants municipaux et les membres des associations de propriétaires de chalets, pour surveiller la situation. Nous devons nous assurer qu’il y a une supervision appropriée. J’espère que la CCSN demandera à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’envoyer des agents pour des visites régulières afin d’éviter que le plan ne soit modifié au fil du temps.

La principale responsabilité de toutes les personnes impliquées dans ce dossier est de protéger l’environnement et la sécurité des Canadiens. Je suis heureuse que beaucoup de gens soient déjà impliqués et qu’ils échangent des informations. » Les dernières audiences publiques début-eront le 31 mai.