La CSN en campagne pour la défense du réseau québécois

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Arnaud de la Salle


Arnaud de la Salle

Gatineau –  La bataille pour la défense des services de garde éducatifs doit se poursuivre. C’est le message que livrent le Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) et la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN). Depuis la semaine dernière, ils prennent part à une campagne régionale d’information et de sensibilisation auprès des parents et de la population sous le thème Un réseau qui fait grandir! À l’instar d’autres régions, ils veulent obliger le gouvernement Couillard à cesser ses attaques contre les services de garde et, notamment, à réinvestir pour en assurer la qualité.
« Nous sommes présents près des centres commerciaux, des salles de cinéma, dans les CPE et dans les écoles pour informer les parents. Nous avons déjà rejoint des milliers de citoyens et nous sommes heureux de voir que la réception est très bonne. Partout où l’on passe, les gens sont indignés des compressions budgétaires dans les services de garde éducatifs! » lance Julie Charron, présidente du Syndicat des travailleurs(euses) en centre de la petite enfance de l’OutaouaisCSN.
Fin de la tarification unique et choc tarifaire
« Depuis des années, le réseau des services de garde éducatifs à 5 $, puis à 7 $, est mis à rude épreuve, explique Christian Meilleur, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux – CSN. C’est encore plus vrai aujourd’hui en raison des politiques d’austérité du gouvernement libéral alors qu’il a imposé, sans débat, des hausses tarifaires sans précédent, mettant en cause l’universalité et l’accessibilité aux services de garde si chèrement acquises au Québec ». En CPE et en milieu familial régi, la contribution parentale est passée de 7 $ par enfant par jour, en 2014, à un maximum de 20 $ en 2015, notamment en raison de la modulation des tarifs selon le revenu familial. C’est ce que les parents vont bientôt découvrir en faisant leur rapport d’impôt. En milieu scolaire, la contribution est passée durant la même période de 7 $ à 8 $. C’est sans compter que le gouvernement a procédé depuis le 1er janvier dernier à l’indexation de tous les tarifs, entraînant des hausses chaque année. 
Au fils des ans, les gouvernements libéraux successifs ont mis en place
des mesures pour favoriser le développement de garderies commerciales : pour certaines, en leur accordant des places à contribution réduite et, pour d’autres, par le biais de la bonification du crédit d’impôt versé aux parents pour frais de garde. En 2003, les garderies commerciales représentaient 16 % du total des places régies, contre 35 % aujourd’hui. Des compressions sans précédent « Ce n’est pas l’entente intervenue récemment avec les associations de CPE et de garderies privées sur les compressions budgétaires et la refonte du financement des services de garde qui va changer les choses, affirme madame Julie Charron. Ce sont les parents et leurs enfants, ainsi que les travailleuses et travailleurs qui vont en payer le prix, notamment en raison des impacts sur la qualité des services ». Ainsi, en CPE : diminution des heures consacrées à l’alimentation, à la désinfection et à l’entretien sanitaire, à l’accompagnement des enfants aux besoins spécifiques ainsi que non remplacement du personnel. En milieu familial reconnu : baisse des ressources dédiées à l’aide pédagogique et à l’aide aux enfants ayant des besoins spécifiques. En milieu scolaire : réduction des achats de matériel ainsi que du temps de planification et de préparation au détriment de la diversité des activités offertes aux enfants.
« Assez, c’est assez! dit pour sa part Michel Quijada, président du Conseil central de l’Outaouais-CSN. Ce gouvernement a des comptes à rendre. Nous allons nous battre pour que soient rétablis les principes d’équité qui ont été à la base des services de garde éducatifs à contribution réduite Il faut restaurer
une tarification unique, universelle et accessible pour tous, et mettre fin aux compressions totalement injustifiées ».