La bataille contre le cancer porte un nom

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Domanique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

La bataille contre le cancer porte un nom dans ma famille : Jean-Baptiste Bomans (mon grand-père paternel, décédé);

Domanique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

La bataille contre le cancer porte un nom dans ma famille : Jean-Baptiste Bomans (mon grand-père paternel, décédé);
Anna-Séraphina Bollaerts (ma grand-mère paternelle, décédée); Luc Bomans (mon oncle paternel, survivant); Georges Bomans (mon autre oncle paternel, survivant); Guy Bomans (mon père décédé d’un cancer du pancréas, à l’âge de 62 ans).
Je pourrais continuer ainsi la longue litanie des noms de ceux dont la vie a été touchée ou emportée par le cancer, mais je nommerais alors des élèves, des collègues, des gens que j’ai connus de près ou d’un peu plus loin, des gens que j’ai fréquentés, avec qui j’ai vécu des moments de complicité, un petit morceau de ma vie tout simplement et je ne voudrais pas, en les nommant, heurter la sensibilité encore vive de ceux qui les ont accompagnés aux portes de la mort, qui ont eu mal et qui ont fait leur deuil ou pas encore.
Je me souviens, presque 16 ans plus tard, du nom de Catherine Huberti qui offrait des services de soins infirmiers à domicile. Elle aura accompagné mon père, ma mère, ma sœur, mon frère et moi-même parce que, quand une personne meurt d’un cancer, c’est toute une famille qui en ressent le contrecoup, toute une famille qui a besoin d’être accompagnée pour que, pour chacun des membres de cette famille, le deuil puisse alors commencer. Je me souviens de ces moments intenses de ma vie où j’ai perdu un être proche.
Arrivée au Canada, j’ai trouvé les rituels accompagnant la mort différents et
particuliers. Le corps était emporté très vite alors que chez moi, la famille le garde au moins deux jours et l’expose afin que les amis puissent faire leurs adieux et présenter leurs condoléances. Ici, le salon funéraire semble remplir cette fonction. Les pierres tombales sont à l’horizontale dans mon pays, mais les messages d’amour que l’on y lit sont universels et se retrouvent partout, de la Belgique au Canada. Les morts, aussi, sont universels et universellement inéluctables aussi.
Cela n’est jamais de bon ton de se poser la question du « pourquoi » quand quelqu’un meurt parce qu’on nous apprend que la mort fait partie de la vie, qu’elle ne choisit pas et que, s’il y a une chose face à laquelle nous sommes tous égaux, c’est bien celle-là. Se poser des questions supposerait sans doute que l’on n’accepte pas et celui qui n’accepte pas ne peut pas non plus poursuivre sa vie comme la plupart des gens le lui conseillent. Mais le cancer n’est pas qu’une simple question génétique et si certaines familles y sont plus sensibles, comme la mienne du côté paternel, l’environnement y est aussi pour quelque chose.
Au-delà de nos choix personnels de vie, lorsque les compagnies continuent de jouer avec notre santé sans s’en soucier, elles sont en partie responsables de cette épidémie mondiale et çà, au-delà de la mort, nous ne sommes pas obligés de l’accepter.