Journée de sensibilisation au deuil périnatal

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La lieutenante-gouverneure du Québec Manon Jeannotte se joint à la députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce Désirée McGraw et à la psychothérapeute Rosa Caporicci pour célébrer l'adoption du projet de loi 595 visant à reconnaître le 15 octobre comme la Journée québécoise de sensibilisation au deuil périnatal. (Photo : Désirée McGraw)

Le Québec fait le premier pas pour soutenir les familles en deuil de la perte périnatale d’un enfant

Taylor Clark

Québec – Le Québec s’est joint à la Nouvelle-Écosse, au Manitoba, à l’Ontario, à la Colombie-Britannique et aux Territoires du Nord-Ouest pour reconnaître officiellement le deuil périnatal chaque année le 15 octobre. Près de 23 000 familles au Québec vivent la perte d’un enfant pendant la grossesse, l’accouchement et la période postnatale précoce chaque année, mais la société est restée largement inconsciente du deuil périnatal.

Le projet de loi 595 a été déposé par la députée libérale de Notre-Dame-de-Grâce Désirée McGraw, qui a vécu ce type de perte à plus d’une occasion, afin de mettre en lumière cette réalité chez les Québécois. « Avec le projet de loi 595, nous avons lancé une discussion nationale sur le deuil périnatal. Au cours des dernières 24 heures, j’ai été submergé par les histoires personnelles de perte de collègues, d’électeurs et de gens à travers le Québec », a écrit McGraw sur Facebook après l’adoption unanime du projet de loi le 1er février.

En plus d’être une fière mère de trois garçons, McGraw est la mère d’une fille nommée Catherine, qui aurait eu huit ans cette année. Pour McGraw et sa famille, le projet de loi était la loi de Catherine.  « Il s’agit d’une première étape clé, et j’espère que cette nouvelle loi nous permettra de mettre en œuvre des mesures concrètes pour soutenir les familles qui ont perdu un bébé », a écrit McGraw.

Bien que le projet de loi vise à sensibiliser le public au deuil périnatal, il n’est accompagné d’aucune disposition législative spécifique pour soutenir les milliers de familles endeuillés au Québec. Selon un mémoire du Centre d’études et de recherche sur l’intervention familiale et de la Chaire de recherche du Canada, le Québec a pris du retard sur la question. La politiquepérinatale 2008-2018 du Québec a formulé plusieurs recommandations pour améliorer la sensibilisation au deuil périnatal et soutenir les familles, mais le soutien à moyen et à long terme est demeuré faible.

« La prochaine étape consiste à accorder un congé de deuil aux deux parents. D’une manière générale, les pères subissent les mêmes effets psychologiques et physiques du deuil que les mères… Il est donc important de se pencher sur les besoins des pères qui sont souvent plus réticents à demander de l’aide », a déclaré la directrice du Centre d’études et de recherche sur l’intervention familiale, Francine de Montigny, dans un communiqué de presse.

Depuis plus de 20 ans, des études montrent que la mort périnatale a des conséquences réelles pour les deux parents, entraînant des expériences de perte lourde et de deuil intense. La perte peut avoir des effets délétères importants sur la santé mentale des hommes et des femmes jusqu’à cinq ans plus tard.

« Perdre un enfant n’est pas quelque chose dont on se remet, jamais, mais il y a des choses que nous pouvons faire pour mieux faire face », a déclaré Mme McGraw à ses collègues de l’Assemblée nationale du Québec le 31 janvier. Ce projet de loi est un appel à l’action pour que notre gouvernement offre aux parents et aux familles du Québec un soutien crucial, tant psychosocial que financier.