I speak English; do you speak French ?

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Dominique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

I am not the best in English. I make lots of mistakes, but I try to speak it because I

Dominique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

I am not the best in English. I make lots of mistakes, but I try to speak it because I
honestly think that to be multilingual, not just bilingual, could be a great asset in the world we live in. Don’t you agree ? Je ne suis donc pas la meilleure en anglais. Je fais beaucoup d’erreurs, mais j’essaie de le parler parce qu’honnêtement, je pense qu’être multilingue, pas juste bilingue, pourrait être un réel avantage dans le monde dans lequel nous vivons. MAIS… il y a un mais en effet… je vis aussi au Québec et j’ai le droit de parler français et j’ai le droit que l’on me réponde en français ou qu’au moins, on fasse l’effort de tenter de me comprendre et de tenter de me répondre en français.
Or, l’autre jour, alors que je cherchais à faire une commande assez simple : un pogo (a pogo) avec moutarde et ketchup (with mustard and ketchup), la jeune fille qui me servait, peu aimable, il faut bien le dire, me regarde avec des grands yeux ronds et pas de sourire bien sûr et me dit : « I don’t understand. I don’t speak French ». So, what she could not understand were the words « Moutarde (mustard) et (and) ketchup (ketchup).
J’avoue que j’ai vu rouge. Je n’ai donc pas traduit en anglais comme j’ai l’habitude de le faire pour aider la personne qui me sourit et qui me sert avec bonne volonté dans un français parfois boiteux, parfois même dans un anglais parfait, mais en s’excusant et en reconnaissant certaines de ses lacunes dans la langue de Molière. Je lui ai répété, articulant du mieux que je le pouvais (j’ai même peut-être un peu exagéré), les deux mots – d’ailleurs avez-vous remarqué leur forte ressemblance avec leurs traductions françaises ? – : « moutarde et ketchup » et j’ai demandé si qui que ce soit pouvait me servir en français étant donné que je ressentais une légère frustration. Lorsqu’une gentille jeune fille est venue me servir en français, je lui ai parlé… en anglais.
Okay, vous me direz que je n’ai rien fait pour améliorer les rapports anglo-français et je vous l’accorde. Ce jour-là, ça ne me tentait vraiment pas de faire dans le « politico-correct » parce que ce jour-là, j’ai ressenti un manque de volonté totale de faire un effort dans un commerce de la région pour parler ma langue qui est quand même une des deux langues officielles de ce pays. Et si cela n’arrivait que dans les commerces privés, mais c’est très fréquent de ne plus pouvoir s’exprimer et être comprise dans cette langue que j’aime et que j’aimerais pouvoir parler, même si j’aime l’anglais aussi et que j’apprécie aider toutes les personnes qui tentent comme moi de rejoindre la culture de l’autre.
Vous l’aurez compris; aujourd’hui, il s’agissait d’un éditorial vidage de frustration. Mais, pour terminer sur une note extrêmement positive, je suis allée aux Chutes Coulonges l’autre jour. L’accueil y a été plus que chaleureux et Karen Frost, une employée de longue date aux Chutes Coulonge, anglophone, s’est fait un devoir de nous parler du début jusqu’à la fin en français, un très bon français d’ailleurs,
avec une amabilité et un sourire à toute épreuve. Vous comprendrez qu’après de telles expériences gastronomiques et touristiques dans la région, les Chutes Coulonge me reverront sans aucun doute !