Front commun contre la loi 10

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Lionel Tessier

FORT-COULONGE – La Fédération des médecins, la Fédération des infirmières, les employés des services de santé et leurs syndicats comme la plupart des intervenants dans le domaine de la santé au Québec sont prêts à monter aux

Lionel Tessier

FORT-COULONGE – La Fédération des médecins, la Fédération des infirmières, les employés des services de santé et leurs syndicats comme la plupart des intervenants dans le domaine de la santé au Québec sont prêts à monter aux
barricades pour dénoncer et empêcher l’adoption du projet de Loi 10, tel que présenté par Gaétan Barrette, le ministre de la Santé et des Services
sociaux du Québec, car il aura probablement pour conséquence des pertes d’emplois et une diminution des services dans la région.
Au cours de la réunion tenue au centre de
conférence de la rue Principale le 6 novembre dernier, où plus d’une centaine de personnes étaient présentes, les représentants syndicaux ont appelé la population à se mobiliser et à participer à une manifestation importante qui aura lieu à Montréal et à Québec le 29 novembre prochain.
Les syndicats vont
noliser des autobus pour transporter les manifestants jusqu’à Montréal pour
participer à cette manifestation populaire.
La rencontre du 6 novembre avait été
organisée par les représentants syndicaux locaux (Carole Ménard et Richard Romain) pour informer la population et susciter une action populaire contre l’adoption de cette loi.
Dans un premier temps,  Michel Quijada, président de Conseil central de la CSN Outaouais, a présenté le projet de loi et expliqué pourquoi on doit absolument s’opposer à la politique d’austérité préconisée par le gouvernement de Philippe Couillard.
Des mesures
contre-productives
On sait que le gouvernement provincial a pour objectif d’atteindre le
déficit Zéro au cours des deuxprochaines années et entend sabrer dans les budgets aussi bien dans les services de santé que
dans les MRC, les CLD
(40 millions de $), les municipalités (300 millions de $), les Carrefours jeunesse-emploi,  et tous les secteurs de l’administration publique (agriculture, assurance parentale, commissions scolaires, ministères du gouvernement,…). D’après l’analyse présentée par  M. Quijada, cet objectif est décidément contre-
productif.  En effet, selon
les données d’organismes internationaux (OCDE, Fonds monétaire international (FMI)), l’expérience a démontré que les mesures d’austérité des gouvernements mènent à un
appauvrissement général.
Par exemple, en Espagne et en Grèce où on a décidé de réduire le déficit, le taux de chômage a grimpé à plus de 25%.
(NDLR:Par contre, aux État-Unis, où le gouvernement a décidé d’injecter des centaines de milliards de dollars dans l’économie, le taux de chômage a diminué pour se situer autour
du 7%).
De plus, M. Quijada a expliqué que ces mesures d’austérité n’étaient pas nécessaires : en 2009-2010, par exemple le poids de la dette représentait 1,05% du PIB (produit intérieur brut, soit la richesse de la province) tandis qu’en 2014-2015, le poids de la dette ne représente que 0,62% du PIB, donc la province se trouve en meilleure santé financière.
Par ailleurs, le syndicat et les représentants de la société civile sont d’accord pour une réduction de la dette publique, mais qu’elle se fasse à plus long terme, au cours des 4 ou
5 prochaines années, par exemple, ce qui rendrait non nécessaire la destruction des structures du milieu de la santé et des services publics.
Les effets des coupures
Le projet de loi propose de fusionner les 128
établissements de santé du Québec pour avoir seulement 28 établissements au niveau de la province. Ainsi, dans l’Outaouais, tous les établissements de santé (Haute-Gatineau, Pontiac, Buckingham, Petite-Nation, Hull, Gatineau) serait fusionnés en une
superstructure régionale. 
Les Agences de santé seraient abolies et le Ministre aurait l’autorité pour nommer les membres des conseils d’administration des établissements régionaux.
Et les effets de ces coupures seraient probablement désastreux.  Comme le faisait remarquer Dre Muchmore au moment de la période d’intervention du public, les services ne seraient certainement pas améliorés dans le Pontiac.
 À l’heure actuelle, les médecins peuvent se
concerter facilement et planifier des améliorations aux services. Quand  les décisions seront prises au niveau régional, cela deviendra impossible.  Le conseil d’administration local va disparaître et le Pontiac va perdre sa voix au niveau régional.
Pourtant, le Centre de santé du Pontiac a la réputation d’être le meilleur au Québec : le moins de personnel, le moins de déficit, le moins d’administrateurs.  Mais quand la fusion sera faite, on peut s’attendre aussi à des pertes d’emplois et à une réduction de la proximité des services.
C’est ce que l’intervention de Mme Carole Ménard, présidente du Syndicat des employés des services de santé (CSN) du Pontiac, voulait illustrer. Selon elle, si le Pontiac était desservi par une superstructure régionale, il serait plus long et difficile d’obtenir un rendez-vous pour un traitement et le malade devrait sans doute se déplacer à l’extérieur du Pontiac pour recevoir le service.
Pour Gene O’Brien, membre du CA de l’hôpital, quand les citoyens du Pontiac ont voté en masse pour élire un député libéral, il n’était pas question  de réduire les services de santé.  Elle a donc invité les gens du Pontiac à contacter leur député et leurs conseillers municipaux pour faire
connaître leur opposition au projet de loi 10.
 Sylvie Landriault, directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi de Campbell’s Bay, a exprimé son opposition aux mesures d’austérité annoncées: dans le cas du Carrefour, les coupures annoncées auraient pour effet de
priver toute une tranche de la population des services  offerts au Carrefour.
Em terminant la rencontre, Mme Ménard a invité tous les gens du Pontiac qui veulent participer à la
 manifestation à Montréal le 29 novembre à la contacter (819-647-3553) au plus tard mercredi le 19 novembre pour réserver leur place dans l’autobus et le diner qui sera servi aux voyageurs,