Explosion de l’évaluation des propriétés riveraines

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Allyson Beauregard (tr. L. T.)

CAMPBELL’S BAY – Kathryn Dupuis et Linda Gougeon, qui possèdent toutes les deux des immeubles sur la rivière des Outaouais, assistaient au Conseil des maires de la MRC de Pontiac le 24 mars dernier pour exprimer leur mécontentement envers

Allyson Beauregard (tr. L. T.)

CAMPBELL’S BAY – Kathryn Dupuis et Linda Gougeon, qui possèdent toutes les deux des immeubles sur la rivière des Outaouais, assistaient au Conseil des maires de la MRC de Pontiac le 24 mars dernier pour exprimer leur mécontentement envers
le rôle d’évaluation 2015 qu’elles venaient de recevoir.
Elles ont décrit leur situation, qui est aussi celle de nombreux propriétaires riverains à Davidson. La valeur estimée d’une de leurs  propriétés est passée de 54 000$ en 2012 à
140 000$ en 2015.  Une autre propriétaire, qui
possède une petite bande de terrain sur le bord de la rivière (45 pi par 70 pi, trop petit pour avoir le droit d’y construire une résidence),
a vu son évaluation passer de 19 000$ à 56 000$.
« L’évaluation de nos propriétés a augmenté en moyenne de 50%, ce qui ne reflète en rien ni leur valeur réelle, ni les conditions socio-économiques de notre région, ni les investissements qui doivent être faits pour éviter
l’érosion des berges, ni
l’utilisation qu’on peut en faire », déclarait Mme Dupuis, qui parlait au nom (avec leur assentiment)  de plus de 50 propriétaires dans la même situation.
Elle a expliqué que plusieurs propriétaires ont l’intention de demander une révision du rôle d’évaluation: « Une demande de révision coûte de 40$ à 100$, selon la valeur de
l’évaluation, et la MRC doit débourser en moyenne 200$ chacune pour faire effectuer ces révisions ».
Les dames ont présenté deux demandes à la MRC: premièrement, d’adopter une résolution qui demanderait au ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire de fournir des solutions pour freiner la hausse
vertigineuse des évaluations des propriétés riveraines. Deuxièmement, le groupe représenté par les deux dames a suggéré aux élus d’évaluer la crédibilité de l’évaluation préparée par le Groupe Servitech pour le rôle triennal 2015-2016-2017.  Elles ont fait référence à un article paru dans le journal Le Droit
le 19 août 2010 – Citoyens mécontents des hausses d’évaluation foncière – qui
faisait état du mécontentement d’un groupe de citoyens par rapport aux travaux réalisés par Servitech. Le 10 mars dernier, la MRC signait un contrat de 5 ans avec Servitech.
Dans un document de renseignements distribué aux maires, Mmes Dupuis et Gougeon, au nom de leur groupe, présentaient une longue liste d’arguments qui expliquaient pourquoi les évaluations reçues
était inéquitables et déraisonnables: les propriétés ne jouissent d’aucun service d’eau potable ou d’égout municipal, plusieurs sont situées dans la plaine inondable, manque d’industries, d’emploi et contexte socio-économique défavorable, etc.
Un des arguments présentés par une des dames reposait sur le fait qu’il y a une divergence importante entre la valeur estimée de l’évaluation
foncière et le prix qui
pourrait être obtenu à la vente de l’immeuble.
« Ces hausses exorbitantes empêchent les propriétaires de conserver leur propriété et réduisent leur capacité à payer leurs taxes. Un des premiers éléments considérés par un acheteur potentiel est le montant des taxes. Des taxes trop élevées découragent les acheteurs potentiels et le marché est faible pour les chalets riverains parce qu’il en coûte trop cher d’entretenir deux
propriétés ou de vivre sur le bord de l’eau en
permanence. Les évaluations sont nettement exagérées par rapport au prix du marché  ».
Les représentantes du groupe de riverains ont remercié le conseil des maires et ont déclaré qu’elles attendaient une réponse écrite aux questions qu’elles avaient soulevées durant leur présentation.
Pas seulement les
propriétaires riverains…
Certains propriétaires de forêts privées ont aussi été surpris par l’augmentation faramineuse de la valeur de leurs propriétés. Un propriétaire de

Litchfield, qui possède deux terres à bois d’environ 135 acres chacune, a vu ses évaluations passer de 38 000$ à 90 000$ et de
20 000$ à 60 000$ respectivement depuis 2012.
Plusieurs affirment que les évaluations élevées des lots forestiers ne reflètent pas leur valeur réelle étant donné que la demande en lots forestiers a baissé considérablement au cours des dernières années et que, à cause du prix peu élevé du bois, les travaux d’exploitation forestière sont rares.