Encore l’Île-du-Grand-Calumet

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Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist


Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist

Malgré une nouvelle administration, la Municipalité de l’Ile-du-Grand-Calumet ne semble pas réussir à fonctionner sans crise majeure. Cette municipalité a vu 5 maires en moins de 5 ans se succéder et bientôt 4 directions générales en trois ans. Des statistiques insensées pour cette municipalité de moins de 700 personnes. Rappelons qu’une lettre anonyme demandant une mobilisation citoyenne le 5 mars dernier a été distribuée dans les casiers postaux. La salle était pleine à craquer: 90 personnes, soit environ 15% de la population de l’île.
Il y a une règle non écrite: lorsqu’il y a des questions de ressources humaines, on s’assure de préserver la  confidentialité. On évite de parler des compétences de la
personne, ce qui n’a pas été fait. Au contraire, c’était le sujet de prédilection. Déjà, on sentait une grogne depuis que le maire élu en novembre avait demandé une augmentation, malgré des problèmes internes nécessitant un changement à la direction. C’était un suicide politique, a dit le maire Serge Newberry, en retirant sa demande. Non, c’est un manque de jugement. La division au sein du conseil était palpable, le maire a fait des reproches à deux conseillers et un conseiller a même été jusqu’à évoquer une mise en tutelle de la municipalité. Un autre a laissé entendre , avant la rencontre, vouloir démissionner 4 mois après son élection.    
Chez les citoyens, un ancien conseiller a dit au maire qu’il n’avait aucun respect pour lui. En politique, il faut être rationnel, les émotions n’ont pas leur place. On a demandé au maire de remettre sa démission évoquant entre autres la peur de voir des employés et des conseillers quitter leur poste. Demander la démission du maire, élu, il y a 4 mois (le 5e depuis 2013), c’est un manque de compréhension de la situation. Serge Newberry vient de remporter une victoire démocratique et malgré les doutes qui subsistent sur ses capacités et son jugement, il a, pour le moment, la légitimité pour exercer ses fonctions. Lorsque l’on a demandé à
l’auteur ou aux auteurs de la lettre de révéler leur identité, personne ne s’est levé. Écrire une lettre « anonyme », avec 100 fautes au pied carré, demandant une mobilisation et ne pas avoir le courage de s’identifier, ne donne aucune valeur au geste. Au lieu de questionner le maire, de remettre son jugement en cause, les opposants ont renforcé sa position.
J’espère que tout ce beau monde va faire un examen de conscience. Comprendre que c’est la réputation de leur municipalité qui est en jeu. J’espère que le conseil va dévoiler et mettre à jour son plan de travail. J’espère aussi que les autres municipalités vont prendre des notes pour éviter ce genre de situation.