Déficit zéro – déconstruction du service public

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Je me suis penché sur le fer de lance de l’action du gouvernement Couillard
et vous livre mon analyse qui bien évidemment. Je l’espère vous permettra de vous faire une idée plus exacte des efforts qui nous sont demandés en tant que contribuables, sachant que chaque contribuable devrait payer environ

Je me suis penché sur le fer de lance de l’action du gouvernement Couillard
et vous livre mon analyse qui bien évidemment. Je l’espère vous permettra de vous faire une idée plus exacte des efforts qui nous sont demandés en tant que contribuables, sachant que chaque contribuable devrait payer environ
70 000 $ si l’on voulait éliminer le dette du Québec d’un coup.
D’abord, il faut faire la distinction entre déficit et endettement. L’endettement veut dire avoir recours
à l’emprunt, mais n’est pas synonyme
de mauvaise gestion. Aujourd’hui
il est impossible de financer des
infrastructures sans endettement. Le déficit, lui, signifie perte d’argent et
est souvent associé à la mauvaise gestion et aux dettes naturellement parce qu’il en crée.
Donc la notion de déficit zéro
équivaut à dire qu’on veut atteindre un niveau de pertes proche de zéro, mais pas qu’on doit éliminer la dette du Québec, car celle-ci profite à l’économie financière. Comment l’État pourrait faire pour que chaque contribuable puisse s’enrichir de 70 000 $ en un clin d’œil? Ceci tient du miracle. Seulement le modèle économique d’après crise ne génère plus assez de croissance pour continuer à financer un état-providence, donc le
discours politique se durcit et l’austérité devient le remède qu’il faut vendre à la l’électorat. On effraie l’opinion pour lui faire accepter une société qui va
démanteler tous les systèmes publics, de la santé à l’éducation en passant par celui des retraites. Dans ce néo-libéralisme, dont la privatisation est la clé de voûte, on cherche à abattre le syndicalisme tout en réduisant la démocratie.
La classe moyenne voit son revenu diminuer de 1 % par an alors que la classe dirigeante s’enrichit de 4 % par an dans une économie à faible croissance. Dans ce contexte, les rentrées fiscales de l’État ne couvrent plus les dépenses, donc le déficit ce creuse et le seul moyen
d’arrêter l’hémorragie est de couper dans les services publics. Cependant, le niveau d’imposition lui reste inchangé ou a plutôt tendance à augmenter pour un niveau de services moindre, ce qui a pour effet l’appauvrissement de la population. Préparons-nous à des lendemains
difficiles car la lutte sera longue si l’on veut sauver la sociale démocratie!
 Arnaud de la Salle