Conciliation travail-études : un enjeu pontissois

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Domanique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist


Domanique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

C’est le temps de la rentrée. Avec fébrilité, certains s’y préparent depuis des jours tandis que d’autres attendent la toute dernière minute pour s’y mettre. Les questions existentielles se succèdent les unes aux autres : qui sont les profs que je vais avoir ? Quelle couleur choisir pour mon nouveau sac ? Quelle tenue mettre pour le premier jour (à moins qu’on ait la « chance » de porter l’uniforme) ? Pour quelques-uns, c’est aussi le temps de se demander comment gagner des sous. S’ils ont travaillé tout l’été, ou ne fut-ce qu’une partie, ils souhaitent parfois poursuivre et s’assurer une certaine indépendance financière. Mais à quel prix ?
Emma Tourangeau, 15 ans, travaille depuis un an et deux mois déjà à la station d’essence et dépanneur de Bryson. Elle rentre bientôt en quatrième secondaire et semble concilier avec une relative aisance ses responsabilités d’employée et d’étudiante. Elle acquiert au travail une expérience utile alors que ses études n’en souffrent pas. Est-ce parce que Jian Zhang, son employeur, s’en soucie tout particulière-ment ? Au moment de son embauche, Jian a demandé à consulter les bulletins de la jeune fille, chose qu’il fait régulièrement d’ailleurs deux fois par année. Il s’assure ainsi de la réussite scolaire de son employée et de sa
durabilité. Il donne la priorité à l’école et aux études et se soucie du bien-être scolaire de tous ses employés avant toute chose. Ensuite, il gère la répartition des horaires de façon à éviter le surmenage pour la jeunesse qu’il engage.
En matière de conciliation travail-études, il est parfois difficile de savoir ce qui est le mieux. Faut-il empêcher son enfant de travailler afin qu’il puisse véritablement se concentrer sur ses études ou faut-il l’encourager à développer des compétences qui lui seront utiles non seulement sur le marché du travail, mais qui seront aisément transférables dans d’autres contextes ? En tant qu’enseignante, j’ai eu l’occasion d’observer autant les bienfaits que les méfaits d’une intégration précoce sur le marché de l’emploi. Certains élèves, peu soucieux de leur santé, qui travaillent plus de vingt heures par semaine, ne parviennent plus à combiner les heures qui s’accumulent et le stress qui les accompagne. Faisant fi de leurs difficultés, ils s’entêtent à travailler alors qu’ils ne consacrent plus le minimum de temps requis à leur éducation. Ils finissent par décrocher. D’autres, par contre, motivés par le gain rapide de responsabilités, font preuve d’une grande
maturité et jonglent avec assurance et confiance entre leurs différentes activités.
À la question de savoir s’il faut ou non travailler durant ses études, à partir de quel âge ou combien d’heures par semaine il faudrait le faire, il n’y a pas de réponse facile. Le tout s’évalue sans doute au fur et à mesure, mais nous avons la responsabilité en tant qu’adultes, parents, enseignants, employeurs, d’aider les jeunes à faire leurs choix en toute connaissance de cause parce que les choix qu’ils font aujourd’hui ont des conséquences pour leur lendemain.