Cher M. Proulx,

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Je me sens insulté comme plusieurs autres par votre billet du 29 mai dans
le Journal de Montréal. Vous êtes féru
d’histoire, eh? Bien, rappelons quelques événements récents.

Je me sens insulté comme plusieurs autres par votre billet du 29 mai dans
le Journal de Montréal. Vous êtes féru
d’histoire, eh? Bien, rappelons quelques événements récents.
Vous avez été invité à Fort-Coulonge par la radio communautaire CHIP dans le cadre de leur radiothon annuel. Vous aviez été invité pour donner une conférence sur l’histoire de la radio. Je dois avouer que vous êtes passionné d’histoire, et que vous êtes habile raconteur. (…) Je constate tout de même votre billet ne fait nulle mention du pourquoi de votre passage dans le Pontiac. N’eut été de ce contrat, vous n’auriez jamais fait de vous-même le détour pour visiter ce coin de pays.
Et justement, de quelle longueur a été votre séjour ici? Quelques heures? Un
aller-retour vite fait le samedi 14 mai. Or, dans ces quelques heures, alors que vous demandez à un jeune un renseignement, alors que la période de questions est monopolisée par quelques frustrées de la vie, alors que vous recevez des informations soient incomplètes ou carrément fausses, vous vous installez sur le trône de votre tribune à Montréal, vous prenez plaisir à casser du sucre sur le dos de gens que vous considérez déjà par terre. N’êtes-vous pas journaliste, aussi? Ne savez-vous pas qu’il y a toujours plus d’un côté à une histoire?
Vous dites dans votre billet : « l’école fait tout ce qu’elle peut pour ignorer la loi 101 ». Un propos lancé gratuitement comme ça, sans faits, sans vérifications, sans même avoir visité l’école, puisque vous êtes venu ici un samedi. Quand même ironique que vous dites ça au même moment où l’école secondaire Sieur-de-Coulonge, reçoit le prestigieux Prix Robert Bourassa. N’aurait-il pas été plus civique pour vous, et plus digne de passer à l’histoire, qu’au lieu de cracher votre fiel sur l’École d’ici que vous considérer par terre, de plutôt y prêter main forte pour essayer de l’élever davantage?
Et enfin, vous dites : « La paroisse catholique est sous la gouverne de l’évêque ontarien de Pembroke ». Oui. Et puis? En quoi cela affecte-t-il votre vie? En quoi cela affecte-t-il la vie de ce fameux soi-disant « Groupe des 13 » qui se cache derrière le nom d’une seule personne? (…) Bien que la dualité linguistique a posé parfois des défis, seuls les gens avec des ornières très limitées ne verront pas que les paroisses francophones ont toujours été bien servies et respectées par des prêtres francophones et les paroisses bilingues (à proportion similaire), également. Des communautés de religieuses francophones ont été apportées (sic) dans le Pontiac pour l’enseignement en français: les Soeurs de Ste-Marie de Namur à Otter Lake (±1952) et à l’Île-du-Grand-Calumet et les Soeurs de la Charité d’Ottawa à Fort-Coulonge (1935).
Et donc, pourquoi maintenant plonger en difficultés inévitables ce qui fonctionne somme toute bien? Pourquoi mettre sur les épaules d’un évêque québécois une
quinzaine de paroisses avec peu ou pas de clergé pour les desservir? (…)  D’autant plus que les grandes victimes d’un tel changement de diocèse seraient justement les francophones (de Fort-Coulonge)! Pourquoi est-ce que je me permets de dire que la paroisse de Fort-Coulonge serait une victime d’un tel changement? Simplement parce que, depuis un bout de temps et pour un avenir encore certain, la paroisse doit recevoir des subventions du diocèse de Pembroke faute de revenus…. et que la pratique du diocèse (québécois) voisin ne permettrait pas ce genre de subvention. (…)
Pourquoi ai-je donc passé deux heures de mon temps à vous écrire ce soir alors que j’aurais sûrement dû le passer à d’autres tâches plus importantes? Simplement parce que j’aime mes paroissiens et qu’alors que je leur partagerai cette lettre sur ma page facebook, ils garderont ce sentiment de fierté sur lequel vous avez craché : la fierté d’être Pontissois et Pontissoises.
En tout respect, mais avec beaucoup moins d’admiration,

Père Réal Ouellette,
Curé de Fort-Coulonge/Mansfield