À quand un préfet élu ?

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André Macron


André Macron

Alors que le mandat de Michael McCrank, en tant que maire de Litchfield, et donc par à-coup en tant que préfet de la MRC de Pontiac, n’a pas été reconduit aux dernières élections de sa municipalité, il va falloir à présent que l’ensemble des maires élus choisissent et élisent celui ou celle qui exercera prochainement la fonction de préfet (préfète) de la MRC de Pontiac. Ce modèle décisionnel est-il encore avantageux ou ne pourrait-on pas envisager un principe plus adéquat et plus moderne, à l’instar des 15 autres MRC (sur les 95 MRC du Québec), dont celle de Maniwaki et plus à caractère rural, qui ont fait le choix, la possibilité existant depuis 2002, d’avoir un préfet élu par suffrage universel, soit directement par la population ?
En effet, son salaire variant entre 50 000 et 70 000 $ par année, le préfet élu a le privilège de pouvoir consacrer tout son temps au développement de sa région et il le fait sans aucun parti pris pour une municipalité en particulier puisqu’il n’en représente aucune. Un préfet élu affiche l’indépendance nécessaire à l’exercice impartial de sa fonction. On s’attend de fait à plus d’objectivité de la part de celui qui dirige la MRC lorsqu’il n’est pas partie prenante et maire d’une municipalité de sa propre MRC. En outre, pour certaines des municipalités où le principe est maintenant établi et le préfet élu, cela aurait même permis de résoudre les dissensions nées d’une possible fusion. N’est-on pas meilleur médiateur entre les municipalités et la MRC lorsqu’on n’est pas soi-même maire d’une municipalité ? Dans le Pontiac, de tels arguments devraient tout au moins nous interpeller.
Les tenants de l’élection d’un préfet par suffrage universel estiment notamment que l’importance de la fonction de préfet nécessiterait le vote par suffrage universel, plutôt que par un scrutin auquel ne participent finalement que les maires de chacune des municipalités de la MRC. Dans notre cas, il y en aurait 18 seulement. De plus, cette fonction revêt une telle importance qu’elle nécessite, selon toute vraisemblance, toute l’attention de l’élu qui, s’il n’est pas élu et s’il cumule d’autres fonctions, ne peut véritablement pas consacrer tout son temps où il le devrait. D’un autre côté bien sûr, parmi les opposants d’une telle proposition, il y a ceux qui assurent que les maires élus représentent bien et légitimement l’ensemble de la population de la MRC.
Quoi qu’il en soit, la nomination d’un préfet entre maires est une vieille tradition qui ne s’ébranle pas aussi facilement. Malgré la volonté du gouvernement d’imposer le principe du suffrage universel partout au Québec, la MRC de Pontiac suivra sans doute la voie toute tracée des us et coutumes habituels et la population devra ou saura s’en contenter.