Une pensée pour nos policiers

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Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist


Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist

Depuis un an, le gouvernement du Québec a demandé à nos policiers d’organiser des barrages, d’intervenir pour s’assurer que les entreprises respectent les règles de la Santé publique, de surveiller à ce que tous respectent les couvre-feux, ainsi que plusieurs autres tâches qui n’étaient pas prévues dans le quotidien des policiers. Sans vouloir dire que notre gouvernement prend à la légère leur mandat, je me questionne parfois si nos dirigeants prennent réellement conscience des tâches qu’on leur demande.
Mon cousin Stéphane, passionné par son métier de policier, est décédé subitement de cause naturelle récemment. Malgré une tumeur au cerveau et des maux de tête persistants, il a travaillé jusqu’à la fin.  Heureusement, on s’était rapprochés dans les dernières années et il m’a beaucoup
sensibilisé depuis deux ans, aux défis de ce métier, particulièrement depuis la pandémie. Les relations entre les médias et les policiers ne sont pas toujours faciles. Les erreurs comme l’arrestation récente de Mamadi Fara Camara à Montréal, les cas de profilage racial et les plaintes envers les corps policiers font que nos relations sont parfois tendues. Ce que m’a expliqué
mon cousin, c’est surtout l’aspect humain des interventions qui pouvaient parfois
rendre leurs tâches compliquées. « Il y a des mauvais policiers, mais il y en a plusieurs qui sont excellents aussi. Faut juste assurer un dialogue à long terme et pas se faire à croire que ça va se régler rapidement », m’avait dit mon cousin.
En compilant les statistiques des articles d’actualité auxquels j’ai participé dans la
plus récente année, il y a eu une augmentation de 35% des faits divers depuis le début de la pandémie. Seulement dans le Pontiac, notons deux accidents mortels de motocyclistes, deux noyades, des attaques envers des policiers de personnes en détresse, etc. En considérant les données chez nous, disons que, dans le Pontiac, ce genre d’incidents a été davantage présent dans l’actualité. Stéphane m’avait d’ailleurs confié que lors d’une arrestation pour vol de vtt, il avait dû dédramatiser une situation.
« Je voyais bien qu’il souffrait d’anxiété, il a tenté de s’enlever la vie avec un sac de plastique. J’ai juste eu besoin de le calmer. Ça ne changeait pas la gravité de son geste, mais il va clairement avoir la chance de se reprendre et de contribuer à nouveau positivement dans le futur », m’avait raconté avec altruisme Stéphane. Les interventions récentes dans des rassemblements de résidences privées, auprès de gens que les policiers connaissent déjà dans d’autres circonstances, sont des tâches ingrates.
Cette approche de personne à personne est essentielle actuellement pour assurer le bien et la sécurité de tous. Sachant que notre gouvernement demande aux policiers des tâches supplémentaires et déplaisantes, j’espère qu’on aura comme priorité, dans les prochaines années, d’entourer ceux-ci avec des ressources nécessaires, en particulier sur le plan humain. Cette profession, parfois vue simplement comme des donneurs de contraventions, prend tout son
sens lorsqu’on leur demande d’assurer notre sécurité et d’intervenir dans des
circonstances parfois dramatiques.