Ségrégation des langues par l’OLF

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Équipe du Journal

Les négociations entre l’OLF (Office de la langue française) du gouvernement du Québec et le Journal du Pontiac ont été rompues le 16 avril 2015 quand une injonction légale a été imposée à cette

Équipe du Journal

Les négociations entre l’OLF (Office de la langue française) du gouvernement du Québec et le Journal du Pontiac ont été rompues le 16 avril 2015 quand une injonction légale a été imposée à cette
publication bilingue. Le jugement de la cour exige que la section française soit séparée de la section anglaise dans le Journal pour se conformer à la Charte de la langue française. Cette Charte est la loi qui établit les
pratiques en matière
d’affichage et de publication au Québec.
Historique des
événements
En février 2012, l’OLF ordonnait au Journal du Pontiac de « se conformer à la loi ».  À ce moment-là, l’éditrice duJournal, Lily Ryan, a entrepris un long processus de discussion avec des représentants  de l’OLF à propos de l’interprétation de la loi. Les agents de l’Office de
la langue française ont
l’autorité pour faire l’interprétation légale de la loi, même si l’entreprise ciblée comprend les mots de la loi d’une façon plus pointue:
« J’emploie le terme «négociations» parce que la Charte ne traite de la question d’une publication bilingue que  dans trois courts paragraphes assez vagues (article 58) », déclarait l’éditrice Lily Ryan. Les publicités et les articles en anglais seulement sont permis dans une publication en langue française à la condition qu’ils soient regroupés dans une section distincte, selon la Charte. Nous avons la ferme intention de nous conformer à la loi, mais à la loi telle qu’elle est écrite, et non pas à des interprétations possibles et variables de la signification du mot «section».
En septembre 2013, l’Office précisait au Journal qu’il pouvait publier
des publicités en anglais
seulement dans les pages contenant des textes en anglais vers la fin du Journal et séparées des articles en français, mais sans préciser la notion de «section».  Mme Ryan d’ajouter:
« Nous avons trouvé que l’OLF faisait une nouvelle interprétation de la loi en exigeant que le contenu exclusivement en anglais soit réservé à une section anglaise, vers la fin du Journal ».
Le coeur du problème
« Les décisions de l’Office ont pour effet 
d’enlever au Journal la
possibilité de refléter fidèlement la réalité de
nos communautés et de
l’empêcher de faire la
promotion de notre fierté d’appartenir à une
communauté bilingue », ajoutait M. Fred Ryan ancien propriétaire et
éditeur du Journal.
« D’autres éditeurs nous ont conseillé de simplement arrêter de publier des
articles en français pour se conformer aux politiques de l’Office. Donc, la position de l’OLF pourrait causer du tort à la communauté francophone dans le Pontiac. Nous n’avons pas l’intention de cesser de
publier de l’information en français, mais nous n’avons pas non plus les moyens de nous opposer au gouvernement du Québec ». Pour
M. Ryan, cette position de l’Office remet en question la raison d’être d’un
journal et représente donc une attaque directe à
la liberté de presse.
« Dans le Pontiac, la langue n’est pas un élément qui divise la population, précisait Lynne Lavery,
directrice générale du Journal du Pontiac.
Nous avons un profond respect pour les cultures et leur diversité, et notre journal est au coeur du
bilinguisme d’ici. Personne n’arrive à comprendre pourquoi l’OLF voudrait imposer auJournal une séparation des cultures qui ne fait pas partie de notre réalité ».
Et Mme Lily Ryan d’ajouter:
« C’est comme si l’Office tentait de créer des barrières entre les Français et les Anglais ou bien d’enlever aux francophones du Pontiac le droit d’avoir de l’information dans leur langue. Nous sommes surpris que le nouveau gouvernement libéral soit d’accord avec cette position rétrograde qui entrainerait la discorde ».
Des options?
Le Pontiac a la chance d’avoir un journal bilingue qui est distribué à tous gratuitement. Si l’option de ne plus publier d’articles en français était retenue, ce serait conforme à la loi, qui permet une publication dans une seule langue. « Mais nous ne voulons pas faire ça parce que les francophones apprécient les
nouvelles dans leur langue, comme tout le monde. Aucun autre journal ne leur fournit de l’information en français dans le Pontiac », précisait Mme Ryan.
La première édition du mois de mai offrira le même contenu que d’habitude, mais divisé en «sections» selon la langue de la publicité de nos annonceurs. Les lecteurs y trouveront les mêmes informations, mais présentées différemment, notait Mme Ryan.
Cependant, le Journal demande l’appui du public dans sa demande de pouvoir continuer à refléter la réalité de nos communautés culturelles.
Les lettres d’appui et autres messages à ce sujet devraient être envoyées au Journal, à l’Office de la langue française et aussi au député André Fortin qui représente le Pontiac.
Adresses:
Pontiac Journal:
redacteur@journalpontiac.com; Fax: 819 683-2977
MNA André Fortin:
Andre.Fortin.PONT@assnat.qc.ca; FAX: 819 648-2448
Office de la langue française:
Tel: 888-873-6202: Fax: 514 873-3488