Protestation contre le dépotoir de déchets radioactifs

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Katharine Fletcher


Katharine Fletcher

OTTAWA ­– « Soyez actifs, pas radioactifs » était le slogan accrocheur de la manifestation du 6 novembre, où environ 50 résidents du Québec et de l’Ontario ont démontré leur opposition à la décharge (dépotoir) (Near Surface Disposal Facility – NSDF) de 34 hectares proposée par les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) près de la rivière des Outaouais à Chalk River. La Fondation Sierra Club Canada, UNIFOR (le plus grand syndicat du secteur privé au Canada), le Parti vert du Canada et La gardienne de la rivière des Outaouais ont participé à cette manifestation.
« Construire une immense décharge de déchets radio actifs près de la rivière des Outaouais et enfouir de vieux réacteurs dans du ciment est une pure folie qui pourrait nuire à la santé de millions de personnes en aval », a déclaré David Snider, ancien président de la Fondation Sierra Leone.
Les LNC affirment que cette Installation de gestion près de la surface (IGPS) est « conçue comme un monticule de confinement installé près de la surface, sur la propriété des Laboratoires de Chalk River (LCR). L’installation devrait être opérationnelle pendant environ 50 ans et est conçue pour pouvoir être agrandie pour recevoir jusqu’à un million de mètres cubes de déchets radioactifs. ”
La IGPS accepterait jusqu’à 100 000 mètres cubes de déchets nucléaires provenant de ce que les LNC appellent « des sources hors site (par exemple, les laboratoires Whiteshell, des réacteurs prototypes, des sources
commerciales telles que des hôpitaux et des universités) » et 99% des déchets seront « à faible niveau », ayant une activité limitée dans le temps ». Toutefois, selon le site Web du Registre des évaluations environnementales du gouvernement du Canada, mis à jour le 16 octobre 2018, le site acceptera également des déchets radioactifs de moyenne activité.
La militante Johanna Echlin représentait la Old Fort William Cottagers’ Association. « La proposition des LNC inclut des matières radioactives de très longue durée de vie, ce qui est contraire aux normes de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique) pour ce type d’installation, car les déchets radioactifs doivent être isolés de la biosphère pendant toute la durée de leur danger radiologique. De plus, cette décharge est trop proche de la rivière », a-t-elle souligné.
Mme Echlin a expliqué une distinction importante concernant les manifestants: « Ces groupes de citoyens ne sont pas antinucléaires. Nous demandons au gouvernement fédéral de mettre fin aux lacunes des propositions
des LNC, de gérer de manière responsable les déchets radioactifs du Canada dans des installations à la fine pointe de la technologie et d’adopter une procédure appropriée pour une installation conforme aux normes de l’AIEA qui ne doit pas être située à proximité d’un grand plan d’eau  ». 
La gardienne de la rivière des Outaouais, Meredith Brown, a plaidé en faveur de la santé du bassin hydrographique de la rivière des Outaouais, affirmant que, même si nous devons agir pour contenir les déchets nucléaires, l’emplacement de l’IGPS proposé, si proche de la rivière des Outaouais sur un rocher géologiquement
instable, devrait être modifié.
Le projet IGPS est encore à l’étude par la Commission canadienne de sûreté nucléaire.                   (Tr. LT)