Profs, taisez-vous !

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C’est en tant que parent que je désire, aujourd’hui, m’exprimer. Dans notre société, nous avons choisi de confier nos enfants à un système d’éducation en qui nous avons choisi de remettre, en même temps, toute notre confiance.

C’est en tant que parent que je désire, aujourd’hui, m’exprimer. Dans notre société, nous avons choisi de confier nos enfants à un système d’éducation en qui nous avons choisi de remettre, en même temps, toute notre confiance. Nous sommes bien trop occupés, pour la plupart, à travailler, à gérer la combinaison des tâches ménagères aux tâches budgétaires et financières. Nous sommes trop occupés à «  concilier  » notre famille à notre travail que pour nous occuper de nos propres enfants.
Un peu de gré, un peu de force, nous avons choisi, véritable choix de société, de charger les professeurs d’une kyrielle de tâches connexes. Il leur faut donc paterner, materner, écouter, soigner, panser, éduquer, instruire, socialiser, penser… s’ajuster un peu de gré, un peu de force !
Sans vouloir rejeter le blâme sur les parents, puisque le choix est bien celui de toute une société, je ne comprends pas, aujourd’hui, la charge que l’on décharge sur les épaules des enseignants déjà surchargés tout en tentant de leur couper, par tous les moyens, tous leurs moyens… et je ne parle pas ici seulement d’argent !
De fait, j’entends et je lis trop souvent les messages à caractère politique visant à discréditer des enseignants par trop soucieux de l’amélioration de leurs conditions salariales et pourtant, pour en avoir fréquentés quelques-uns personnellement, je dois bien dire que cette seule considération est le cadet de leurs soucis.
On (et par «  on  », j’entends «  la société  ») leur demande de prendre maintenant plus de 30 élèves dans leurs classes, des classes qui, parfois, sont partagées, deux ou trois niveaux différents s’y côtoyant. Si, par chance, une classe ne compte qu’un seul niveau, le groupe, en tant que tel, est loin d’être uniforme. Ainsi donc, c’est le travail du policier, du psychologue ou du médecin que le professeur, en toute humilité, tente parfois d’accomplir, en dehors même des habiletés qui lui ont, un jour, été enseignés pour «  enseigner  » du mieux qu’il peut.
Si tous les avantages du professeur vous paraissent à ce point enviables, je vous invite à enseigner, et à tenter de faire de nos enfants les citoyens de demain, dans de telles conditions. Ne compliquons donc pas plus la tâche de ceux à qui nous avons choisi de confier nos enfants parce que c’est de leur bien-être qu’il s’agit, de leur avenir surtout… de notre bien-être en tant que société, de notre avenir surtout !

André Macron