Obstacles à la conservation de la voie ferrée

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Allyson Beauregard (tr. L. T.)



Allyson Beauregard (tr. L. T.)

LITCHFIELD – Les membres du conseil municipal de Litchfield, des représentants du CN (Canadien National) et des membres du nouveau Comité des usagers du territoire participaient à un forum public, le 25 novembre, pour discuter de l’avenir de la voie ferrée et aussi d’une proposition de règlement pour la conserver en la désignant comme site patrimonial selon la Loi du patrimoine du Québec.  Si la voie ferrée était désignée “site patrimonial”, le CN ne pourrait pas la modifier sans encourir des poursuites légales.
Deux représentants du Canadien National, Jean Patenaude, assistant de l’avocat général, et Raymond Beshro, représentant en chef de la Planification et du développement, ont fait valoir que, si ce règlement était adopté, le CN pourrait entreprendre des actions en justice contre ce règlement. De plus, selon eux, le CN n’est pas tenu de respecter un tel règlement pour plusieurs raisons: les motifs invoqués pour la conservation de la voie ferrée sont purement économiques plutôt que patrimoniaux; la voie ferrée est de responsabilité fédérale et n’a pas de vrai portée historique; la Municipalité ne dispose pas d’assez d’arguments pour justifier de la conserver comme site patrimonial.
Cependant, selon ce que déclarait Mme Émilie Chazelas, agente de développement culturel pour la MRC Pontiac, une municipalité des Cantons de l’Est avait réussi à préserver une voie ferrée appartenant au Canadien Pacifique en utilisant un règlement similaire.
La Municipalité et la MRC ont déclaré qu’il leur reste deux possibilités d’action: soit de continuer le processus d’adoption du règlement et de l’adopter pour tenter de préserver la voie ferrée pour aider au développement économique dans l’avenir, ce qui pourrait signifier une poursuite de la part du CN et des frais légaux élevés, soit de renoncer à tout règlement dans ce sens, ce qui pourrait nuire au développement économique de la région.
“Comme conseillers, notre devoir est de voir au développement économique pour tous les résidants de la municipalité”, déclarait le conseiller Ken O’Leary.  D’un autre côté, le conseiller Denis Dubeau précisait: “…mais nous avons aussi le devoir de garder le niveau de taxation raisonnable pour nos résidants”. La MRC s’est engagée à soutenir financièrement la Municipalité, jusqu’à un certain point, dans sa tentative de préserver la voie ferrée. “Mais la MRC, en fait, c’est nous, les payeurs de taxes. Donc, nous allons tous payer pour cela”, concluait M. Dubeau.
Les participants à la rencontre se sont interrogés sur l’importance de la voie ferrée et sur la justification des coûts engendrés par les démarches actuelles de la Municipalité.  Les uns sont convaincus que le voie ferrée est un instrument essentiel pour le développement économique de la région et que des entreprises attendent de savoir si le transport ferroviaire sera disponible avant d’investir dans le Pontiac.  D’autres ont mis en doute cette affirmation étant donné que la voie ferrée a déjà été démantelée entre Portage-du-Fort et Pembroke.
À la fin de la rencontre, tous se sont mis d’accord pour prendre le temps d’étudier la situation avant de décider soit d’adopter le règlement, soit d’abandonner les efforts pour sauvegarder la voie ferrée. L’avis de motion pour l’adoption du règlement, adoptée en octobre, est valide pour une période de 120 jours.  Après ce laps de temps, une autre avis de motion devra être présenté avant que le règlement puisse être adopté.