Mea-culpa

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Depuis mon arrivée dans le Pontiac, j’ai été appelé à couvrir les sujets de l’industrie forestière. Issue d’une famille de bûcherons, la majorité de ma famille a pratiqué un métier lié à la forêt. Je possède une certaine connaissance du sujet, mais aussi une vision qui est liée à l’exploitation de cette ressource à grande échelle. Récemment, j’ai été invité par le Groupement Forestier du Pontiac (GFP) à assister à une rencontre des ingénieurs de l’Outaouais. Cette rencontre avec des experts de la forêt a changé ma perspective et m’a fait prendre conscience de certains éléments.

La couverture journalistique de l’industrie forestière dans le Pontiac porte souvent sur la relance des opérations au sein des « moulins ». La fermeture de la Smurfit-Stone marque encore l’imaginaire. Malgré la relance de la Commonwealth Plywood à Rapides, la communauté de Fort-Coulonge/Mansfield espère voir une entreprise similaire venir s’établir tout près du « village ». Le démantèlement du site de Jovalco, dont la relance promise par la préfète Jane Toller se fait attendre, et la décision de la famille St-Cyr d’annoncer leur intention de mettre fin à leur plan de relance à Davidson n’aident en rien le moral de la population. Notons aussi la tendance de plusieurs politiciens dans le Pontiac à idolâtrer le modèle ontarien.

Cependant, il faut parfois se tourner vers l’est, dans des contextes juridiques similaires au Pontiac pour trouver des solutions. L’exemple qu’on m’a cité, touche la région du Bas St-Laurent. Là-bas, près de 80% de la forêt privée est dotée d’un plan d’aménagement. L’industrie s’y porte bien et fait figure de leader. Dans le Pontiac, ce chiffre se situe à environ 5 %. Cette rencontre avec des ingénieurs m’a fait prendre conscience que je n’ai pas toujours abordé tous les aspects de ce domaine. J’ai donc eu tendance à traiter davantage des grands projets, comme les garantis d’approvisionnement en forêt publique pour certaines entreprises et non pas de ce qu’on peut appeler la base. Je m’en excuse. Cependant, le potentiel collectif est grand pour le Pontiac.

Il faut des améliorations pour arriver à une recette gagnante. D’abord, le comité sur la forêt à la MRC de Pontiac ne s’est rencontré qu’une seule fois en près de deux ans. Cette situation doit changer. Les élus et les membres de ce Comité doivent se rencontrer régulièrement, c’est essentiel. Certains incitatifs autant sur le plan fiscal que pour encourager la relève doivent être analysés par nos municipalités et c’est par ce Comité que l’information transige.  Nous devons aussi encourager les propriétaires privées à travailler avec le GFP pour se doter de plan d’aménagement, pour favoriser les projets collectifs. Finalement, écoutons les spécialistes de la forêt comme Martin Boucher du GFP. Ces ingénieurs connaissent leur domaine et espèrent du développement. Souhaitons voir des pratiques être mis en place dès janvier 2024.