Longue vie à la culture dans le Pontiac !

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Dominique Bomans


Dominique Bomans

En Belgique, dans mon pays d’origine (je vous promets que je vais bientôt arrêter d’en parler), il existe un tout petit village perdu dans les forêts wallonnes, Redu, un petit village qui, dans ce monde de télécommunications, ne devrait sa réputation qu’à sa station de suivi de satellites ou à sa proximité de l’Euro Space Center. Pourtant, grâce à la vision d’un journaliste un peu illuminé sans doute, ce petit village, mieux connu aujourd’hui sous le nom de « Village du livre », est arpenté à l’année longue, mais surtout durant la haute saison, par les amoureux du livre (et oui, je suis allée y faire un tour aussi). On y chemine d’une librairie à l’autre, en
passant par de nombreuses bouquineries, sans compter les ateliers des artisans du livre… un paradis pour les passionnés de lecture et pour de nombreux curieux !
Ici, dans mon pays d’accueil, sur cette terre où les légendes côtoient encore l’Histoire à les confondre, Fred Pellerin passerait sans doute pour cet illuminé,
ce doux idéaliste, si son succès n’était pas déjà garanti, ici et outremer. Qui ne
connaît aujourd’hui ce conteur, honoré du titre de chevalier de l’Ordre national
du Québec, et surtout Saint-Élie-de-Caxton, son petit village de 2000 âmes, désormais en bonne place sur toutes les cartes ? Ici, dans le Pontiac,
sur cette terre où les anciens draveurs racontent encore leurs histoires légendaires, sur cette terre où ces légendes et l’Histoire s’entremêlent pour faire dormir les enfants, il existe une poignée d’idéalistes, sans doute un peu illuminés, prêts à raviver la flamme. Malheureusement, ils sont encore trop méconnus et pas assez soutenus.
L’on fait grand cas, à juste titre, de la future fermeture de nos deux Banques Laurentienne régionales, l’on a fait grand cas depuis quelques années déjà des
fermetures les unes après les autres de nos usines et de nos industries, mais c’est aussi la fermeture de ses différents lieux rassembleurs qui marquent la fin d’un village. Si le cinéma Lyn n’ouvre plus ses portes, si nos salles de spectacle se vident avant même que d’être remplies, si nos spectacles n’attirent plus personne, si les initiatives de nos illuminés attitrés ne soulèvent pas l’intérêt général, si notre culture ne nous rassemble plus, alors, oui, l’on pourra signer l’arrêt de mort de nos villages, parce que ce sont ces lieux et ces moments qui ravivent notre Histoire et nous font vivre au présent.
À vous, gens du Pontiac ou d’ailleurs, qui, ici et maintenant, tentez de faire une différence, à vous qui, par vos initiatives (Soirée poésie, Cinéma répertoire, Tournée du Pontiac, Association pour la relève des arts de la scène et tellement d’autres), à vous, je dis merci parce que c’est aussi vous qui construisez notre identité… et tout le monde sait que le Pontiac est un terreau identitaire plus que fertile !

Dominique Bomans est enseignante
à l’école secondaire Sieur-de-Coulonge.
Elle y enseigne principalement le français.