Jennifer Haughton
Publié en ligne le 15 juillet 2026 sur le site du Journal du Pontiac.
BRISTOL — Douze tortues mouchetées (Emydoidea blandingii) âgées de deux ans, élevées au Biodôme de Montréal, ont récemment été remises en liberté à Bristol. Le 21 juin, un petit groupe de chercheurs et de bénévoles s’est réuni pour relâcher les tortues dans leur habitat naturel, là où les œufs avaient été découverts à l’origine. Cette remise en liberté s’inscrivait dans le cadre du programme Head Start, dans lequel des œufs ou des nouveau-nés sont recueillis, puis incubés et élevés au Biodôme de Montréal pendant deux ans afin d’améliorer leurs chances de survie.
La population des Grands Lacs de la tortue mouchetée est désignée comme espèce en voie de disparition par le gouvernement fédéral, principalement en raison de la perte d’habitat et de la mortalité routière. De nombreux nids sont également la proie de prédateurs comme les renards, les mouffettes et les ratons laveurs. Une fois écloses, les jeunes tortues, en raison de leur petite taille, sont vulnérables à un large éventail de prédateurs.
Les tortues mouchetées font l’objet d’un suivi dans la région du Pontiac depuis plusieurs années grâce à une collaboration réunissant l’Université du Québec en Outaouais, le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais, le ministère de la Faune et des Parcs du Québec, Conservation de la nature Canada et l’Association du bassin versant des Sept.
Chaque tortue a reçu un nom et a été munie d’un émetteur fixé à sa carapace afin que les chercheurs puissent suivre ses déplacements au fil du temps. Avant sa remise en liberté, une photographie du dessous de sa carapace (plastron) a été prise. Le motif unique des taches noires du plastron permet aux chercheurs d’identifier chaque tortue.
Parmi les tortues relâchées, il n’était pas encore possible de déterminer lesquelles étaient des mâles ou des femelles. Cette distinction deviendra plus évidente lorsqu’elles atteindront leur maturité sexuelle, entre 15 et 20 ans. Les mâles développent un plastron légèrement concave, tandis que celui des femelles demeure plus plat.
Après leur remise en liberté, les tortues se sont immédiatement dirigées vers le milieu humide voisin pour explorer leur nouvel habitat. Le suivi et les recherches qui se poursuivront permettront aux scientifiques de mieux comprendre leurs déplacements, leur croissance et leur succès à long terme dans cet habitat.
Les citoyens peuvent contribuer aux efforts de conservation en signalant leurs observations de tortues sur le site Carapace.ca. Chaque signalement aide à repérer les secteurs propices à la nidification ainsi que les zones où la mortalité routière est plus élevée. (Trad. JP)
Photo : Une tortue mouchetée âgée de deux ans, élevée au Biodôme de Montréal dans le cadre du programme Head Start, se dirige vers un milieu humide de Bristol après sa remise en liberté le 21 juin. Les chercheurs ont muni chaque tortue d’un émetteur afin de suivre ses déplacements et son taux de survie. (Jennifer Haughton)





