Les chauffeurs de bus entament leur troisième semaine de grève

0
159

La grève des cheuffeurs de bus devant l’école primaire Poupore à Fort-Coulonge le 10 mai.

Nikki Buechler

« Nous voulons conduire vos enfants ! »

PONTIAC – Des chauffeurs d’autobus frustrés ont tenu un piquet de grève devant des écoles de la région, dont l’école primaire Poupore à Fort-Coulonge le 10 mai, afin d’attirer l’attention sur leur cause et d’obtenir le soutien de la communauté. Les chauffeurs sont en grève depuis le 1er mai, une action qui affecte 16 000 enfants dont les parents doivent coordonner le transport à l’école.

« Nous ne sommes pas irréalistes dans nos demandes », explique Deborah-Lynn Beauchamp, conductrice de bus en grève.

« Nous ne nous attendons pas à gagner autant qu’une personne travaillant à temps plein, mais nos horaires font qu’il est très difficile de trouver du travail ailleurs, si bien que la majorité d’entre nous s’en sortent à peine parce qu’ils n’ont pas d’autres sources de revenus », a-t-elle ajouté. « Aucun d’entre nous ne bénéficie d’avantages sociaux. Transport Scolaire Sogesco Inc. qui possède Autobus LaSalle Ltée, a fait 7 millions de dollars de profit l’an dernier, mais la plupart des chauffeurs gagnent moins de 460 $ par semaine. C’est honteux ».

« Nous avons essayé d’entamer des pourparlers, mais nos tentatives de communication avec l’entreprise n’ont pas été prises en compte », explique Tara Lee Betts, représentante de la Section locale 106 du syndicat des Teamsters.

« Nous avons voté, et 97% des votants étaient en faveur de la grève. Nous demandons aux parents de tendre la main et de demander à Sogesco pourquoi ils n’ont pas répondu à notre demande de nouveau contrat afin que nous puissions reprendre le travail », a-t-elle ajouté. « Nous gagnons déjà moins de 400 dollars par semaine en moyenne. Sans ce revenu, nous allons avoir des difficultés. »

Les chauffeurs reçoivent un RE de Sogesco

Le 9 mai, les chauffeurs d’autobus syndiqués ont été choqués et inquiets lorsqu’ils ont reçu un relevé d’emploi (RE) de la compagnie, que plusieurs croyaient être un avis de mise à pied. Un reportage de CHIP 101.9 FM a clarifié la question en contactant Mylène Forget, spécialiste des relations publiques pour l’entreprise. Lors d’une entrevue à la radio, Mme Forget a déclaré : « Les employeurs sont tenus d’émettre un RE aux employés qui perçoivent une rémunération assurable et qui cessent de travailler, même si l’employé n’a pas l’intention de demander des prestations d’assurance-emploi. » Elle a expliqué que si sept jours civils consécutifs s’écoulent sans travail ni rémunération assurable, il y a interruption de la rémunération, ce que l’on appelle la règle des sept jours. Le motif de l’émission du RE était le code B – grève ou lock-out.

Les parents soutiennent les chauffeurs

« Je suis extrêmement incommodé par cette situation », a confirmé un parent en colère qui a parlé avec les chauffeurs d’autobus. « J’habite à l’extrémité de la ligne de bus – mon enfant est littéralement l’enfant le plus éloigné de la région et il m’a fallu une heure et demie pour me rendre à l’école ce matin et la déposer », a-t-elle ajouté.

« Conduire un véhicule peu maniable est stressant », confirme Mme Beauchamp. « Il faut un type particulier de personne pour conduire un bus rempli de 50 enfants âgés de 4 à 17 ans dans la neige et la glace, puis dans la chaleur sans air climatisé. Aucun d’entre nous ne s’attend à devenir riche en faisant cela, nous voulons juste un peu de sécurité d’emploi », conclut-elle.

Sogesco n’a pas pu être joint pour un commentaire.