Le projet « Energy From Waste » de la MRC se heurte à l’opposition du public

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Jane Toller répond aux questions après sa présentation sur "Energy from Waste".

Fred Ryan

SHAWVILLE – Le lancement par la préfète de la MRC, Jane Toller d’une campagne de sensibilisation du public pour l’une de ses propositions-clés pour revigorer l’économie du Pontiac, « Energy from Waste » (EFW), a connu un début difficile, le 19 juin, dans la salle de l’Église Unie de Shawville. Mme Toller a indiqué que ces réunions publiques (une deuxième à Fort-Coulonge le lendemain soir) avaient pour but d’informer le public, de stimuler la discussion et, espère-t-elle, d’obtenir son soutien.

Moins de vingt personnes étaient présentes, mais des conseillers municipaux de Ladysmith, Otter Lake et Shawville, qui connaissent bien le projet EFW, étaient présents. Au cours de la période de questions qui a suivi la présentation, plusieurs opposants rejetaient toute caractéristique positive comme étant de la « propagande d’entreprise ».

Les décharges vont fermer

Mme Toller a indiqué que l’avenir de la gestion des déchets au Québec sera radicalement différent de la collecte illimitée et du transport par camion des déchets ménagers vers le site d’enfouissement de Lachute, comme c’est le cas aujourd’hui. Actuellement, la MRC achemine par camion environ 5 000 tonnes à Lachute, pour un coût de 1,7 million de dollars par an.

L’incinération est l’une des solutions de rechange au transport des déchets à l’extérieur de la région, et Mme Toller considère que le Pontiac jouera un rôle de premier plan en utilisant le processus pour créer de l’électricité qui sera vendue à Hydro-Québec.  Le nouveau projet d’incinération serait situé sur l’ancien site de Smurfit-Stone à Litchfield, près de Portage-du-Fort, et promet de créer 50 emplois permanents et 800 emplois dans le domaine de la construction (trois ans de construction).

Mme Toller a insisté sur le fait que les résidents du Pontiac seraient favorisés lors de l’embauche, bien que la nature technique du projet exige une formation spécialisée.

Puisque le projet nécessite 400 000 tonnes de déchets pour fonctionner et que le Pontiac n’en crée que 5 000 tonnes, les déchets devront être transportés par camion depuis l’Outaouais et Ottawa pour atteindre le tonnage requis. La décharge actuelle de cette ville atteint sa capacité et le conseil municipal a refusé un projet d’incinération local ; Mme Toller affirme avoir entendu des représentants d’Ottawa dire qu’ils seraient favorables à l’utilisation des services du Pontiac. Environ 35 gros camions entreraient dans le Pontiac chaque jour, principalement par le pont des Chenaux.

Inquiétudes concernant les résidus, les emplois et les coûts

Mme Toller a déclaré qu’après l’incinération, seuls 3 % du total des déchets finiront dans une décharge sur le site ; tous les métaux auront été éliminés, les gaz captés et les résidus de cendres volantes pourraient être utilisés dans la fabrication du ciment et pour remplacer le sable sur les routes locales.  Des questions sur les résidus ont préoccupé plusieurs membres de l’auditoire.

Les objections du public portaient notamment sur le fait que la plupart des emplois iront à des « étrangers » et que les populations autochtones n’ont pas signé le contrat. « C’est nécessaire », a déclaré Mme Toller, ajoutant qu’ils ont été consultés « depuis le début ».  Les coûts ont été une autre préoccupation, même pour le plan d’entreprise, qui a été estimé à 200 000 dollars. L’installation, dont le coût est estimé à 450 millions de dollars, fera l’objet d’un partenariat public-privé et les intérêts s’élèvent déjà à 180 millions de dollars, a déclaré Mme Toller ; le plan d’entreprise est essentiel avant toute prise de décision et la plupart des détails n’ont pas encore été réglés.