Le Pontiac mise sur les forêts privées pour relancer l’industrie

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William Dale

Publié dans le Journal du Pontiac du 6 mai 2026.

MANSFIELD – Avec un sentiment d’urgence renouvelé et une table composée de vétérans de l’industrie, le nouveau comité forestier de la MRC Pontiac s’est réuni le 15 avril à la maison Bryson afin de tracer une voie à suivre pour un secteur qui demeure un pilier de l’économie régionale. Dans un contexte de volatilité persistante et de fermetures d’usines, le comité tourne son attention vers le potentiel inexploité des forêts privées et la résilience des opérations locales.

L’un des principaux constats de la rencontre est un virage stratégique vers le développement des boisés privés. Selon les estimations, entre 75 % et 80 % des forêts privées du Pontiac ne sont pas activement aménagées.

La préfète de la MRC Pontiac, Jane Toller, a indiqué que l’élaboration de plans d’aménagement forestier représente une « situation gagnant-gagnant », permettant d’augmenter la valeur des propriétés et les revenus fiscaux municipaux tout en assurant la santé à long terme des forêts. Pour encourager la participation, le comité étudie la possibilité d’un crédit de taxes pour les propriétaires qui s’engagent dans une gestion professionnelle.

« Chaque arbre a une espérance de vie », a rappelé Mme Toller, soulignant que la récolte sélective est essentielle pour maintenir des forêts en santé tout en soutenant l’emploi local.

Alors que le discours régional met souvent l’accent sur les fermetures, le comité a mis en lumière la scierie Lefebvre et Pharand inc., à Mansfield, comme exemple de stabilité. Située sur le chemin Jim’s Lake, l’entreprise n’a jamais cessé ses activités et emploie 22 personnes réparties sur deux quarts de travail.

Le gestionnaire Yvon Migneault, membre du comité, a été salué pour la constance de ses opérations. L’intervenant forestier Roy Hérault a pour sa part insisté sur l’importance de la collaboration afin de protéger les derniers piliers de l’industrie.

« Il faut travailler ensemble pour ramener quelque chose ici », a affirmé M. Hérault. « Nous perdons des producteurs. Nous n’avons pas de marché pour notre bois. »

Le comité a également soulevé l’absence de marché local pour la pâte et la biomasse. Alors qu’environ 40 % d’un arbre récolté est destiné au bois d’œuvre de plus grande valeur, les 60 % restants — généralement utilisés pour la pâte — disposent de peu de débouchés depuis la fermeture d’installations régionales.

Mme Toller a indiqué que la MRC pourrait adopter une approche similaire en foresterie à celle utilisée dans de récents projets agricoles, notamment l’abattoir régional et l’initiative AgriSaveur, qui ont été financés afin de renforcer la production et la transformation locales. Elle a suggéré que des investissements comparablespar exemple pour l’achat d’équipements de déchiquetage et d’écorçage ou de scieries mobiles — pourraient permettre aux producteurs de transformer le bois localement et de développer de nouveaux marchés.

La rencontre a été marquée la nomination de Régent Dugas, ancien gestionnaire de territoire à la MRC, à la présidence du comité.

Le comité regroupe notamment les mairesses Colleen Larivière (Litchfield), Sandra Armstrong (Mansfield) et Joanne Ralston (Bryson), ainsi que des experts techniques, dont Martin Boucher, directeur général du Groupement forestier du Pontiac, et Jason Durand, directeur de l’aménagement du territoire de la MRC. Les producteurs Frank Doyle et Roch Laroque y siègent également à titre de représentants de l’Office des producteurs de bois de Pontiac (OPBP).

Le comité prévoit se réunir de nouveau dans les prochains mois et a identifié comme priorité le maintien du bureau de l’OPBP à Shawville afin de soutenir le secteur forestier de la région. (Trad. JP)