Le Pontiac dit “NON’ au dépotoir nucléaire

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Peter L. Smith

FORT COULONGE: Jane Toller, préfète de la MRC de Pontiac, a organisé un forum à la salle des Chevaliers de Colomb, le 26 avril, afin d’entendre la réaction du public au projet d’installation de stockage (de déchets nucléaires) à faible profondeur (NSDF) aux Laboratoires nucléaires canadiens de Chalk River (LNC) ; plus de 40 personnes y ont assisté.

Le projet d’installation de stockage à proximité de la surface que les LNC propose sur sa propriété inquiète les résidents jusqu’à Montréal en raison de la proximité de la rivière des Outaouais (moins d’un kilomètre).

L’une des principales possibilités est la contamination de la rivière des Outaouais, dans laquelle de nombreuses villes puisent leur eau potable et que beaucoup utilisent pour la pêche et la baignade ; d’autres craignent un accident dû à une inondation, une tempête, un incendie ou même un tremblement de terre. La vallée de l’Outaouais est traversée par la troisième faille sismique la plus active du Canada.

Les LNC affirme que le « monticule de confinement artificiel » stockera, sous
une membrane en tissu, principalement des déchets faiblement radioactifs, la plupart provenant du site des LNC (90 %), notamment des matériaux de construction, de la terre contaminée, du matériel de laboratoire et de l’équipement de protection individuelle. Environ 5 % proviendront d’autres sites des LNC au Canada, de
certains d’hôpitaux, d’universités et de clients industriels, et environ 1 % de déchets de moyenne activité. Il ne s’agit que d’estimations, car il n’y aura pas de test à 100 % de tous les déchets.

La députée du Pontiac, Sophie Chatel (libérale), fera également part des préoccupations de ses électeurs lors des audiences publiques du 31 mai sur le projet, tout comme la préfète Jane Toller. « Je soulève ces questions [afin] que les citoyens et les générations futures puissent avoir la certitude que le projet ne représente aucune menace. » (voir page 7).

Les municipalités s’opposent au projet

Le maire de Shawville, Bill McCleary, via Zoom, a exprimé l’opposition de son conseil, bien que la municipalité ne soit pas située sur la rivière des Outaouais. La mairesse de Mansfield-et-Pontefract, Sandra Armstrong, a souligné que « le plus gros problème est que nous ne savons pas [ce que contient] cette “installation d’élimination en surface” ». La mairesse de Fort-Coulonge, Christine Francoeur, a fait écho à ces commentaires dans son discours en français. Colleen Larivière, mairesse de Litchfield, a ajouté :

« Un million de mètres cubes de déchets (radioactifs) n’est pas un héritage que nous voulons laisser aux générations futures. Le NSDF représente un risque inconcevable pour les résidents du Pontiac. »

Ole Hendrickson, scientifique auprès des Concerned Citizens of Renfrew County, a déclaré : « Le site est trop près de la rivière des Outaouais et il se trouve sur une ligne de faille sismique. Ces déchets ont une très longue durée de vie radioactive (de faible activité ou non), et la nappe phréatique est trop proche de la surface. » D’autres ont évoqué la possibilité de la présence d’uranium ou de plutonium dans le monticule
(d’environ huit étages).

Joann McCann, de Sheenboro (presque en face de Chalk River) et représentant l’Association des propriétaires de chalets du Old Fort William, a fait remarquer que le NSDF ne répond pas aux normes de sécurité internationales, de nombreux scientifiques nucléaires à la retraite s’opposant au projet. « C’est le mauvais emplacement et le mauvais type d’installation. De meilleures installations sont nécessaires pour une élimination sécuritaire des déchets [nucléaires]. Les LNC n’a pas envisagé d’autres types d’installations et n’a jamais consulté les parties prenantes… Ils sont venus aux réunions avec des plans déjà établis. Un dépotoir radioactif découragera les touristes ou les nouveaux résidents et investisseurs qui voudraient s’installer ici pour une vie plus propre et plus saine », a souligné Mme McCann, ajoutant qu’il n’existe pas non plus d’accord avec les Premières Nations algonquines de la région.

Deborah Powell, Robert Wills et Venetia Crawford de Pontiac Environment Protection ont mis en garde contre le fait que le Canada n’a pas de politique claire en matière de stockage des déchets nucléaires.

« Comment LNC peut-il garantir que ce site sera surveillé pendant des centaines d’années ? » ont-ils demandé.

Jim Coffey, propriétaire d’Esprit Rafting à Davidson, a encouragé à trouver un équilibre entre les risques et les avantages. Il s’inquiète de la fiabilité de SNC Lavalin, un partenaire majoritaire dans l’exploitation des LNC.

« Actuellement, les LNC gère son infrastructure vieillissante, mais elle doit prouver que ce projet est sécuritaire », a déclaré M. Coffey, qui attire des centaines de touristes dans la région à chaque année.

Dave Hérault de Fort Coulonge, tuyauteur aux LNC depuis 15 ans, craint la désinformation du public à propos des LNC. « Les déchets sont déjà stockés sur le site dans d’énormes conteneurs ; ils essaient de nettoyer leur site. » Aucun uranium ou plutonium ne sera stocké, seulement de vieux matériaux de construction, dit-il, ajoutant :

« Ils emploient aussi beaucoup de Pontissois. »

« Qu’est-ce qui pourrait arrêter ce projet ? », a demandé la préfète Toller, avant de répondre :

« Trouver une meilleure méthode pour se débarrasser de leurs déchets ou un autre endroit acceptable.

Nous avons vaincu des projets menaçants à Danford Lake (site d’enfouissement) et à Bristol Mines. Je suis fière que nous nous préoccupions de la situation ». Elle a annoncé une nouvelle pétition publique sur le projet. Elle a également remercié les deux journaux locaux et la station de radio pour avoir tenu le public bien informé.