Le Ministère suspend la demande de lieu d’enfouissement technique « On fait le ménage », promet le Centre de tri

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Allyson Beauregard

LITHFIELD – Il semble que le Centre de tri du Pontiac (CTP) a reçu plus que des amendes et une ordonnance de cessation d’activité du ministère de l’Environnement au cours des deux derniers mois.

Allyson Beauregard

LITHFIELD – Il semble que le Centre de tri du Pontiac (CTP) a reçu plus que des amendes et une ordonnance de cessation d’activité du ministère de l’Environnement au cours des deux derniers mois.
« À la suite de l’analyse de la demande de certificat d’autorisation déposée par le Centre de tri en mai 2014 [pour créer] un lieu d’enfouissement technique (LET), le Ministère a envoyé à la compagnie un avis de [refus préalable] le 9 avril »,
a déclaré Sophie Gauthier, porte-parole du Ministère.
Selon Gerry Philippe, directeur des opérations du CTP, le rejet du Ministère
n’est pas final. « C’est un avis qu’ils vont émettre un refus définitif si les choses
ne s’améliorent pas », a-t-il déclaré. Le Ministère a confirmé qu’il s’agit d’une « étape d’une procédure administrative qui pourrait éventuellement conduire au refus de délivrer un permis ».
Le LET devait être créé en face du Centre de tri où l’amiante et les déchets de
construction impropres à la réutilisation ou au recyclage seraient enterrés dans des trous protégés par un système à double membrane.
Le 3 mai, le ministre Benoit Charette a ordonné au CTP de cesser le dépôt et l’enfouissement de tous les types de matières résiduelles dans des lieux non autorisés et d’élaborer un plan pour les remettre dans leur état d’origine dans
les 15 jours, comme indiqué dans notre édition du 8 mai du Journal.
Cette ordonnance, de même que les antécédents de non-conformité du Centre de tri, constituent les raisons du refus du Ministère.
Le CTP a reçu 10 avis de non-conformité depuis mai 2013 et a été condamné à
une amende de plus de 40 000 dollars l’automne dernier pour quatre infractions remontant à 2013 et 2015, pour avoir mal entreposé du matériel, ne pas avoir installé de surfaces de tri imperméabilisées et ne pas disposer d’unités de traitement des eaux usées adéquates.
« Des insuffisances ont été constatées depuis la toute première inspection en mai 2013 … et la quantité de matériaux mal entreposés a augmenté avec chaque inspection », a déclaré Mme Gauthier, soulignant que le refus préalable était notamment lié aux risques environnementaux liés à la gestion du lixiviat et
à la manutention des déchets contenant des fibres d’amiante ainsi qu’au défaut de fournir des informations concernant les mesures de protection de l’environnement.
L’entreprise affirme qu’ils ont offert leur entière coopération : « Nous nous sommes assurés au cours des six dernières années de fournir au Ministère des réponses à toutes les questions qui nous ont été envoyées et d’embaucher des professionnels pour préparer et livrer des plans et devis », a déclaré M. Philippe, faisant remarquer que le CTP n’a jamais enfoui des déchets :
« L’ interprétation de la mise en décharge par le Ministère [s’applique  lorsque] nous laissons quelque chose sur le sol en attendant la prochaine phase de traitement ».
Cependant, le Ministère maintient que ce n’est pas le cas. « Selon les conclusions, la société a éliminé les résidus de broyage en les enterrant dans une décharge et en construisant un mur bas, ce qui n’est pas permis », a déclaré Mme Gauthier.
M. Philippe affirme que l’autorisation (d’un LET) créerait « un contexte tout à fait différent » pour le CTP en leur permettant de disposer sur place de la « montagne » de débris, et par conséquent de se conformer aux normes du Ministère.
En février dernier, la MRC de Pontiac et le conseil de Litchfield ont décidé d’envoyer des lettres de soutien au projet  de « lieu d’enfouissement
technique » au ministre de l’Environnement du Québec. Les deux disent que l’autorisation permettra à l’entreprise de se conformer aux règlements du Ministère et créera et maintiendra des emplois.
« Nous essayons de les appuyer, mais nous voulons les encourager à faire ce qu’il faut », a déclaré la préfète de la MRC de Pontiac, Jane Toller, affirmant que la rencontre avec le Ministère « ouvrira une voie de communication ». 
Réorganisation drastique
Selon M. Philippe, il y a eu une « réorganisation » importante du CTP dans les semaines qui ont suivi la publication de l’ordre du Ministère.
« Nous avons commencé à mettre de l’ordre dans nos affaires. Beaucoup de matériaux sont expédiées et les matériaux entrent et sortent beaucoup plus rapidement… la situation sera très différente ici dans les prochains mois », a déclaré M. Philippe au Journal.
Malgré les frais de transport de déchets non recyclables comme l’amiante vers la décharge de Lachute et la diminution des marges de profit, l’entreprise n’a pas
l’intention de fermer, déclare le directeur, qui croit que la CTP peut respecter les délais de l’ordre si on leur donne un peu de marge de manœuvre.
Le CTP recycle 100% des métaux et des agrégats et 80% du reste. « Certaines municipalités du Pontiac ont passé des accords avec nous et utilisent nos installations ainsi que la grande majorité des entrepreneurs du Pontiac – une économie importante en termes de transport. Nous offrons un service important. Il serait donc regrettable que nous en arrivions à un point où [nous fermons] en raison d’un manque de collaboration de la part du Ministère », s’est exclamé M. Philippe, notant que les avocats de l’entreprise examinaient actuellement la décision du Ministère et le refus préalable.
« Rien dans la vie n’est jamais définitif », a-t-il conclu.         
                            (Tr. LT)