Le débat sur la piste PPJ Présentation surprise à une séance plénière de la MRC

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Allyson Beauregard et Lynne Lavery


Allyson Beauregard et Lynne Lavery

CAMPBELL’S BAY – Le maire de Thorne, Terry Murdock, a surpris le Conseil des maires de la MRC le mardi 13 septembre en invitant Cindy Cassidy, directrice de l’EOTA (Eastern Ontario Trails Alliance), Terry Vaudry du club de VTT du comté de Renfrew, les médias, le président du Club Quad Pontiac et d’autres partisans à la séance plénière régulière,  dans l’édifice de la MRC.  D’habitude, les séances plénières ne sont ouvertes ni au public ni aux médias à cause de la nature des sujets qui y sont discutés.
Tous les maires sauf deux, M. Murdock et le maire Stewart de Campbell’s Bay,  ont voté pour que la présentation surprise de cette séance plénière soit fermée au public et aux médias, mais Mme Cassidy a accepté de la répéter à la salle de l’Association récréative pour le public et les médias.
Mme Cassidy avait été invitée par le maire Murdock pour expliquer comment leur réseau de pistes multiusagers avait été créé et comment il fonctionne.  L’organisme sans but lucratif EOTA, fondé en 1998, s’occupe de la gestion de 2 400 km de piste multiusagers reliant 24 municipalités. L’EOTA a été mis sur pied grâce à la collaboration des municipalités, des groupes d’usagers, des entreprises, des associations touristiques et des propriétaires fonciers à la suite de 15 rencontres de consultation publique.  Chaque municipalité est propriétaire des pistes de son territoire et l’EOTA en fait la gestion.  M. Vaudry a insisté sur l’importance de la coopération : « Il est essentiel que tous fassent partie des décisions à partir du début et travaillent  main dans la main pour réaliser ce projet. Autrement, c’est trop coûteux et difficilement réalisable ».
Les fonds publics sont essentiels : investissement de 8 millions de dollars
Le président du Club Quad Pontiac Pat Amyotte dit croire que son organisme peut entretenir une piste semblable, mais Mme Cassidy affirme que ce  n’est pas suffisant. En plus des montants versés grâce aux frais payés par les usagers, cette organisation de l’Ontario doit compter sur des fonds provenant des gouvernements municipaux, provincial et fédéral et de plus de 50 entreprises partenaires. Les coûts annuels d’entretien s’élèvent à 404$ du kilomètre, sans compter le surfaçage en hiver, et, depuis ses débuts, l’entretien et le développement du réseau de pistes a nécessité des investissements d’environ 8 millions de dollars. La piste a une largeur minimum de 16 pieds et atteint 24 pieds par endroits. La vente des laissez-passer a rapporté 192 000$ à l’EOTA l’an dernier.
Une équipe spéciale de la police provinciale
(OPP Snowmobile ATV Vessel Enforcement Team) patrouille les pistes et voit à l’application des règlements.     Mme Cassidy affirme que, depuis la création du réseau de pistes, on n’a rapporté aucun accident impliquant VTT et cyclistes ou marcheurs. Elle ajoute que le bruit, la poussière et les dommages à la piste n’ont jamais été des problèmes.
Le président Vaudry croit que la MRC de Pontiac détient un avantage étant donné qu’elle est déjà propriétaire de la piste PPJ et de son corridor. « Le potentiel touristique est énorme », ajoutait-il, faisant référence par exemple à un pont entre Portage-du-Fort et l’Ontario pour les usagers de la piste.
Pas invité à la présentation
Rémo Pasteris, porte-parole du groupe Green PPJ Verte, qui fait la
promotion de l’usage exclusif de la PPJ par les cyclistes et les marcheurs, déclarait : « Nous sommes conscients que les séances plénières ne sont pas ouvertes au public, mais
M. Murdock n’a pas informé notre groupe du fait qu’il y aurait une présentation publique à la salle de l’Association récréative même si nous (Green PPJ Verte) avons deux sièges au comité ATV. C’était sans doute une décision de dernière minute d’offrir une présentation publique, mais aucun effort n’a été fait pour nous donner la chance d’y assister. Le président du Club Quad était présent à cette rencontre. Comment se fait-il qu’il en ait été informé et pas nous? »
M. Pasteris ajoutait : « Il est important ici de comparer des pommes avec des pommes. Le système ontarien est basé sur des frais pour les usagers. Ici, dans le Pontiac, nous avons des difficultés économiques : voulez-vous que le public soit obligé de payer à chaque fois qu’il utilise la piste?
Il y a aussi la question de la largeur de la piste.
Les pistes de l’EOTA ont jusqu’à 24 pieds de largeur, ce qui est impossible à envisager pour la PPJ. Et qui va voir à l’application des règlements quand on sait que la Sûreté du Québec ne dispose pas des ressources nécessaires? Qui payera pour l’entretien de la piste une fois que nous aurons perdu la
subvention provinciale pour la Route Verte? La vente de laissez-passer ne sera pas suffisante pour couvrir les coûts. Et ce ne sont que quelques-uns des sujets dont nous aurions aimé discuter si on nous en avait fourni l’occasion.
Si le Club Quad dispose des ressources financières pour élargir la PPJ dans
le but d’en faire une piste multiusagers et veut appliquer d’autres frais aux usagers comme le fait l’EOTA, c’est leur décision.  Pour notre part, nous tenons au respect de la décision originale de la MRC de Pontiac, qui a établi que la PPJ serait entretenue et utilisée exclusivement par les cyclistes en été et par les motoneiges en hiver », concluait-il.
Mauvaise gestion, déclare M. Murdock
Le président du comité ATV et maire de Thorne a encore mentionné un sondage réalisé au début de l’été à travers le Pontiac dans lequel la majorité des signataires se disaient en faveur d’un accroissement des pistes pour les VTT :
« Si le Pontiac est tellement pauvre, c’est à cause d’une mauvaise gestion. Si vous n’écoutez pas ceux que vous représentez, les contribuables, vous ne
les représentez pas vraiment », concluait-il. Par ailleurs, le comité Green PPJ Verte est aussi en faveur du développement d’un réseau de pistes
pour attirer les touristes « mais il ne faudrait pas éliminer le seule piste
qui s’adresse exclusivement aux cyclistes et aux marcheurs. Il y a beaucoup de place pour d’autres pistes dans le Pontiac ».
                            (tr. LT)