La CRÉO demande des changements au nouveau régime forestier

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André Macron


André Macron

FORT-COULONGE, le 5 mai 2014 – Lors d’une assemblée régulière du conseil    d’administration, les membres de la Conférence régionale des élus de l’Outaouais (CRÉO) demandaient au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs de reconnaître les spécificités de la forêt de l’Outaouais et d’apporter les   modifications requises au nouveau régime forestier afin que celui-ci favorise l’essor de l’industrie forestière en Outaouais.
Selon M. Pierre Labrecque, directeur de la Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire public de l’Outaouais (CRRNTO) et ingénieur forestier, ce nouveau régime arrive à un mauvais moment. Plus complexe, pour l’appliquer, il est nécessaire de prendre en compte de multiples facteurs, sur le plan environnemental entre autres, et de        collaborer avec d’autres usagers de la forêt. La spécificité de la forêt outaouaise vient ajouter à la complexité déjà présente.
« S’il est plus facile pour les industries de travailler à partir de monocultures, notre faiblesse est aussi notre force. La fameuse diversité de la forêt de la région de l’Outaouais permet une diversification bien meilleure pour l’environnement.  Sans doute n’y a-t-il pas de réponse simple au problème, mais il faut travailler      activement sur le dossier afin de trouver des solutions concrètes et durables »,   poursuit M. Labrecque.
Pour Mme Paulette Lalande, présidente de la CRÉO, la reconnaissance de la forêt de l’Outaouais est essentielle. « La forêt, c’est le poumon de l’Outaouais et il ne faut pas oublier que celle-ci a des caractéristiques uniques au Québec dû à la mixité des essences feuillues et résineuses. Depuis 2005, nous avons connu une crise            sans précédent qui s’est traduite par           la    fermeture de nombreuses usines et la perte de centaines d’emplois. L’avenir socioéconomique des MRC ressources    de l’Outaouais est lié au maintien et au redressement de toute la filière industrielle forestière et c’est pourquoi nous demandons au nouveau ministre d’intégrer les particularités de la forêt feuillue de l’Outaouais dans le nouveau régime forestier ».
Les enjeux sont importants pour la région de l’Outaouais. L’exploitation forestière génère annuellement plus de 175 millions de dollars en retombées économiques et près de 3 000 emplois directs et indirects dans la région, plus    particulièrement dans les MRC ressources comme celles de la Vallée-de-la-Gatineau, de Pontiac et de Papineau. Ils ont d’ailleurs fait l’objet d’une discussion en huis-clos préalable au conseil d’administration,   réunissant des acteurs importants du domaine forestier ainsi que des acteurs politiques :  Stéphanie Vallée, ministre responsable de la région de l’Outaouais, André Fortin, député de Pontiac, les maires et les préfets des MRC concernées. « Déchirés entre l’industrie et les propriétaires, les acteurs politiques subissent d’énormes pressions à l’heure actuelle », confirmait M. Fortin, commentant ainsi le malaise de Mme Vallée.
Au cours de la réunion préalable, il aura donc été question des enjeux majeurs que rencontre le secteur forestier présentement. Selon Michel Léonard, directeur de l’Office des producteurs de bois privé du Pontiac, une proposition concernant le principe de résidualité, le principe au cœur même du litige entre les industries forestières et les propriétaires de bois privé, aurait été proposée et nuancée. Les membres du conseil d’administration ont, quant à eux, entériné deux résolutions d’appui envers le secteur forestier de l’Outaouais et les usines de Bois-Franc,   de Maniwaki et de Thurso, la CRÉO souhaitant soutenir autant les industries que les propriétaires de bois privé.
La CRÉO demande au ministre de faire preuve de flexibilité dans la mise en œuvre de solutions adaptées au contexte de l’Outaouais, notamment en attribuant une augmentation en volume de sapin, épinettes, pin gris et mélèze à l’usine de Produits forestiers Résolu de Maniwaki, ainsi qu’en volume de peupliers à l’usine de Louisiana-Pacific à Bois-Franc afin de leur permettre d’avoir un approvisionnement stable et de qualité, à moyen et long terme.
(Source :
Catherine Léger)