« I have a dream »

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Domanique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

Elle est à l’horizon. Je fais deux pas en avant, elle s’éloigne de deux pas.
Je fais dix pas de plus,
l’horizon s’éloigne de dix pas.
J’aurais beau marcher,
je ne l’atteindrai jamais.

Domanique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

Elle est à l’horizon. Je fais deux pas en avant, elle s’éloigne de deux pas.
Je fais dix pas de plus,
l’horizon s’éloigne de dix pas.
J’aurais beau marcher,
je ne l’atteindrai jamais.
À quoi sert l’utopie?
Elle sert à ça : à avancer.
(Eduardo Galeano)

Le 27 janvier 2021, des centaines de rêves collectés pendant un an, partout au Québec, auprès de jeunes (70 % de moins de 20 ans) et de moins jeunes, ont été finalement déposés précieusement à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Dans une démarche initiée par l’Institut du Nouveau Monde, secondée par la Fondation Lucie et André Chagnon et soutenue, dans sa réalisation, par de nombreux partenaires communautaires, culturels, artistiques et éducatifs, les gens se sont pris au jeu de rêver leur Québec de demain, une société à la hauteur d’ambitions collectives plus que personnelles.
Selon David Goudreault, porte-parole de la démarche, ce sont des rêves généreux
et empathiques où s’exprime la volonté de mieux vivre ensemble qui se sont échangés et partagés depuis un an, la pandémie n’aura fait que leur donner
leur juste valeur. Ces rêves, parlant d’environnement, d’inclusion, d’éducation, de solidarité, de relations humaines, parlant de nous, de nos plus grands espoirs, prônant l’amélioration d’une société où il ferait meilleur vivre ensemble, ne
s’arrêteront pas là parce qu’après le rêve vient le temps de la persévérance et
de l’accomplissement.
Communiqués dans un rapport, « Rêver pour créer! », à tous les élus de l’Assemblée Nationale du Québec, ils devraient les inspirer, les inciter à agir, à
concrétiser nos pensées par leurs actions, à « rêver avec les mains » (Octavio Paz).
Ils devraient servir à imaginer le village planétaire où l’on se soucierait de son prochain, quand bien même serait-il lointain, où l’on s’inquiéterait de cet homme qui n’aurait pas à mourir seul dans son lit ou dans une toilette chimique, entre deux coins de rue, à deux pas de son chez-lui.
Si Martin Luther King était encore parmi nous aujourd’hui, il pourrait sans doute attester de la valeur d’un rêve qui mène la société plus loin. Je me prends donc à rêver d’un monde où je retrouverais, avec Raphaël André, un peu de mon humanité. Je me prends à rêver et je me dis qu’il est grand temps de redonner à nos décideurs, qu’ils soient municipaux, provinciaux ou fédéraux, la capacité de nous faire rêver plus loin.
Pour notre société québécoise, celle dans laquelle je vis, celle dans laquelle je rêve, celle de laquelle je rêve, dans vingt ans viendra le temps du bilan lorsqu’en 2040, nous verrons ce qu’il est réellement advenu des espoirs de notre jeunesse. Puisse ce carnet de rêves n’être qu’une belle utopie!