Forêts publiques du Pontiac – Mansfield demande que cesse l’exportation du bois; Le MRC demande un plan d’action des ministères

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Allyson Beauregard
 

Allyson Beauregard
 
MRC DE PONTIAC & MANSFIELD – Après des années de frustration chez les résidents locaux au sujet de l’exportation de bois provenant des forêts publiques de Pontiac, le Conseil des maires, lors de sa réunion ordinaire du 16 janvier dernier,  a résolu de demander au ministre de l’Économie et de l’Innovation Québec et au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs d’établir une stratégie commune pour appuyer la MRC de Pontiac dans ses initiatives visant à relancer son industrie forestière.
Avec des forêts productives représentant 78% de la superficie totale du Pontiac, la foresterie a été pendant des années le principal moteur économique de la région; ce qui explique pourquoi elle a été durement frappée par la crise forestière nationale de 2006, qui a finalement entraîné la fermeture de la Smurfit-Stone de Litchfield en 2008 ainsi que de beaucoup d’autres entreprises.
« Au fil des ans, le gouvernement n’a pas pris la situation du Pontiac
au sérieux. Il y a eu des investissements dans l’industrie ailleurs, mais pas assez dans le Pontiac », a déclaré Regent Dugas, directeur du territoire de la MRC de Pontiac, soulignant les investissements réalisés par la MRC de Pontiac depuis 2010 dans les études et la création de Fibre Pontiac (Centre de conversion de la biomasse), visant à stimuler l’économie en capitalisant sur le bois de pâte abondant dans le Pontiac « Nous avons besoin que le gouvernement comprenne que cela fait 10 ans que nos usines sont fermées et que la région est extrêmement frustrée par toutes les années que cela prend pour les rétablir. Nous voulons que le gouvernement prenne des mesures, accorde un soutien et apporte des
solutions plus rapides aux problèmes de notre industrie forestière », a ajouté la préfète Jane Toller.
La résolution de la MRC a été motivée par une résolution beaucoup plus catégorique adoptée deux jours auparavant par la municipalité de Mansfield, qui demandait au gouvernement provincial de déclarer un moratoire complet sur les activités forestières sur les terres publiques du Pontiac jusqu’à la relance de son industrie forestière. Mansfield demandait également que le gouvernement attribue à la MRC de Pontiac un statut spécial pour la foresterie, ce qui réduirait les règles
d’investissement provinciales et apporterait d’autres allégements.
« L’économie précaire de la région empêche les entrepreneurs locaux d’attirer des investisseurs … Un certain nombre d’entrepreneurs forestiers tentent de se
remettre sur pied et de reprendre leurs activités (industries à Davidson, Litchfield, Shawville …) mais ont épuisé leurs ressources financières », peut-on lire dans la résolution de Mansfield.
« Pendant plusieurs années, nous avons dû regarder des camions chargés de notre bon bois quitter la région alors que nous luttons pour que nos usines locales fonctionnent à nouveau. Il ne restera plus rien pour nous dans l’avenir. Les usines autour de nous fonctionnent, mais pas les nôtres », a expliqué Gilles Dionne, maire de Mansfield. Il a déclaré que l’objectif principal de la demande (de son conseil) était de faire pression sur les grandes entreprises et le gouvernement pour « faire bouger les choses ».
Alors que le moratoire cesserait toute activité sur les terres publiques s’il était accordé, le maire Dionne estime que l’impact sur les travailleurs locaux serait
minime. « La plupart des travailleurs locaux exploitent des terres privées. Ce sont principalement de grandes entreprises extérieures qui exploitent nos terres publiques », a-t-il déclaré.
Cependant, cette perte potentielle d’emplois locaux est l’une des raisons pour lesquelles le MRC a adopté une approche différente pour traiter le même problème. « Certaines activités valent mieux que rien. Nous ne voulons pas affecter les emplois qui sont déjà ici. Nous comprenons les raisons qui ont motivé la demande de Mansfield, mais nous la bonifions en
y ajoutant une demande positive », a déclaré Mme Toller.
La préfète a également noté que la MRC risque de ne pas obtenir la même coopération du gouvernement pour d’autres demandes – investissement de 2 millions $ dans le chemin Bois-Franc et désignation de 150 000 hectares de terres publiques du Pontiac pour en faire une forêt communautaire – si on demande un moratoire sur les coupes.          (Tr. LT)