Décharge nucléaire approuvée

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Tashi Farmillo
Initiative locale de journalisme

CHALK RIVER – L’approbation, le 9 janvier, par la Commissionpar la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), du projet des Laboratoires Nucléaires Canadiens (LNC) visant à construire une installation près de la surface (FDSN) à Chalk River (Ontario), a suscité une controverse importante avec des préoccupations au sujet de la sûreté environnementale, des droits des Autochtones et des contestations judiciaires potentielles.

Jane Toller, préfète de la MRC de Pontiac, s’est dit préoccupée par la décision. En juin 2022, la MRC de Pontiac a fait part de sérieuses appréhensions quant à la proximité de installation avec la rivière des Outaouais, citant la vulnérabilité de la région aux tremblements de terre, aux tornades et aux fortes pluies. « Les changements climatiques nous apportent des inondations printanières beaucoup plus fréquentes », a déclaré Mme Toller, avertissant des conséquences désastreuses d’une contamination potentielle de de la rivière. « Notre population subira un impact irréparable tant sur sa santé que sur celle de la rivière des Outaouais. Nous ne pouvons pas prendre ce risque pour les générations présentes et futures », a-t-elle ajouté

De plus, Mme Toller est consternée par le non-respect par le gouvernement fédéral des engagements pris en vertu de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. « Cela va à l’encontre de l’article 29 (2), qui exige des mesures efficaces pour s’assurer qu’il n’y a pas de la décharge ou d’élimination de matières dangereuses sur les terres autochtones sans leur consentement », a-t-elle déclaré au Journal.

Lynn Jones, de l’Institut de la rivière des Outaouais, est principalement préoccupée par l’impact du projet sur l’écosystème de la rivière. « L’étude d’impact environnemental des promoteurs admet le rejet de radionucléides et de produits chimiques dangereux dans la rivière des Outaouais », a déclaré Mme Jones, soulignant les conséquences écologiques potentielles à long terme. « Le rejet de ces substances pourrait avoir un effet en cascade sur la biodiversité de la rivière et les communautés qui en dépendent pour leur subsistance et leur bien-être », a-t-elle ajouté. Mme Jones a déclaré que la décision pose non seulement des risques immédiats, mais soulève également de sérieuses questions sur la durabilité et la sécurité de tels projets dans les zones écologiquement sensibles. Sa position souligne une préoccupation croissante parmi les environnementalistes et les résidents locaux quant à l’adéquation des mesures prises pour protéger les ressources en eau vitales et les habitats naturels.

Le scientifique Ole Hendrickson, de Concerned Citizens of Renfrew County and Area, ajoute une autre voix critique au débat. « Une évaluation complète de l’impact environnemental est essentielle », a fait remarquer M. Hendrickson, soulignant l’importance d’une évaluation scientifique approfondie. Il a en outre souligné la nécessité de la transparence et de la participation du public au processus d’évaluation. « Nous devons nous assurer que tous les risques potentiels sont non seulement  identifiés, mais également communiqués clairement au public », a-t-il ajouté.

M. Hendrickson a soulevé des préoccupations au sujet de l’intendance à long terme du site. Son appel à une approche scientifique rigoureuse reflète une demande plus large de gestion environnementale responsable et durable face à des projets complexes et potentiellement dangereux.

L’agent des relations avec les médias de la CCSN, Braeson Holland, a défendu la décision, soulignant le respect des normes internationales. « Le choix et la conception du site du projet NSDF sont conformes aux normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a déclaré M. Holland, soulignant la robustesse de laconception du projet contre les catastrophes naturelles.Michael Giardini, agent des communications des LNC, a souligné les mesures de sécurité de la NSDF ; « L’installation est conçue pour contenir la contamination et protéger l’environnement environnant. »

Malgré les assurances de la CCSN et des LNC, la possibilité de contestations judiciaires jette une ombre sur le projet, comme le soulignent les commentaires de Mme Toller.