Charlotte

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Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist

On ne peut passer sous silence celle qui a consacré plus d’une dizaine
d’années de sa vie à représenter notre région. Qu’on l’aime ou qu’on la

Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist

On ne peut passer sous silence celle qui a consacré plus d’une dizaine
d’années de sa vie à représenter notre région. Qu’on l’aime ou qu’on la
critique, l’ancienne députée, Charlotte L’Écuyer, a vécu sa vie professionnelle dans le Pontiac comme une véritable passion pour ses lieux et surtout, pour ses gens.
Charlotte ne se définissait pas par son parti. Avant toute chose, elle se
considérait comme une représentante du Pontiac. Son saut en politique a d’abord été motivé par la possibilité de contribuer au domaine de la santé, dans lequel
elle jouissait d’une solide réputation, mais aussi au domaine du transport.
Le documentaire « Chers électeurs » (2008), pour lequel elle avait été filmée pendant plusieurs mois, témoigne de ses différents « combats ». On y voit entre autres sa réaction face à un « autre » accident mortel sur la route 148, au milieu des années 2000. En larmes, elle s’acharne à essayer de faire comprendre les besoins du Pontiac à Québec, ce qui n’est pas une simple tâche. « On a
toujours considéré la 148 comme une trail à vache », disait-elle avec dégoût.
J’ai vécu l’expérience unique de l’accompagner à travers les municipalités du Pontiac. J’ai compris beaucoup de choses en la voyant interagir avec la
population. J’ai surtout compris pourquoi elle remportait ses élections avec une forte majorité. Charlotte osait et n’avait pas sa langue dans sa poche. Un
jour, elle a reçu les plaintes d’un élu municipal, qui se disait injustement traité par un fonctionnaire, en raison de son manque de connaissance de
la langue française. Il avait ajouté que l’anglais devrait être l’unique
langue parlée à l’Assemblée nationale. C’était mal connaître Charlotte. Elle
lui avait proposé de retourner sur les bancs de l’école primaire pour apprendre le français. Je vous jure, il fallait être audacieuse pour proposer, sans
broncher, cette idée à un homme qui ne s’était visiblement jamais fait répondre de la sorte. « Il ne m’a pas rappelé depuis », avait-elle dit en ricanant. Certains politiciens se cachent des manifestants ou les évitent. Demandez à la majorité des manifestants qui ont protesté devant le bureau de Charlotte : ils ont habituellement été invités à la rencontrer, même s’ils exprimaient leurs désaccords contre son gouvernement.
« C’est correct qu’il n’aime pas ça, j’espère quand même que ça va les motiver à trouver des solutions aussi par eux-mêmes », disait-elle.
La carrière politique de Charlotte L’Écuyer n’a certes pas été parfaite. Je suis convaincu qu’elle aurait souhaité que davantage de projets économiques se concrétisent sous ses mandats. Elle disait : « On va finir un jour par créer autant de jobs que dans le temps de la « Smurfit », mais différemment ». Cette
idée demeure d’actualité et Charlotte souhaiterait assurément que le Pontiac puisse retrouver son lustre d’autrefois.