Bilan de santé : à vous de vous faire une idée

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Dominique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

Dominique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

Il y a de cela deux ans, quasiment jour pour jour, avant même que la pandémie ne nous frappe, j’écrivais un éditorial sur la crise des urgences au Centre hospitalier du Pontiac (« Les enjeux locaux non réglés depuis des années », 2019). J’y parlais des bris de services du 3 mars, du 2 août et du 18 octobre 2019, devenus, à ce moment-là, monnaie plus que courante dans le Pontiac. Le 26 septembre 2016, j’écrivais un autre éditorial sur la santé (« La santé : une question de confiance! »). J’y parlais de l’état déplorable des services d’urgence des soins de santé de Gatineau. Mais à titre plus personnel, j’y faisais état de certaines expériences malheureuses vécues alors que le système de santé publique est financé à plus de 50 % par nos taxes provinciales.
J’y parlais d’un Hallux Valgus, communément appelé « oignon », découvert quatre ans plus tôt. Cela faisait trois ans en 2016 que j’attendais de voir un spécialiste… Cinq plus tard, j’attends toujours! Depuis 2012, j’attends donc qu’un spécialiste daigne se pencher sur mon cas. Quant à l’orthophoniste qui devait m’aider à retrouver la voix deux ans (selon ses propres dires) après l’écriture de ce tout premier éditorial, elle ne s’est jamais manifestée. Aujourd’hui, cela fera donc cinq ans que j’attends que ce service public me soit offert bien qu’au fond, il n’ait jamais été gratuit. Cela fait des années que nous le payons et force est de constater que nous avons beaucoup de mal à en bénéficier.
Finalement, en termes de santé mentale, heureusement que ça va relativement bien (D’autres vous en diraient peut-être autrement), mais j’ai, dans mon entourage, des histoires à faire frémir que je garde pour moi parce qu’elles appartiennent à d’autres que moi. Je ne vous dis pas de me croire sur parole, mais je suis tellement contente que Carey Price aille mal puisqu’on n’arrête pas de me dire que le
« coming out » de ces gens hyper populaires devraient arranger les affaires de ces milliers de gens nettement moins célèbres qui souffrent de dépression, cloîtrés dans leurs murs et leur silence. Ça me rassure de savoir que Carey Price allant mal leur permettra peut-être un jour d’aller mieux. Quand l’avenir d’un système de santé dépend de sa popularité, j’avoue que je m’inquiète un peu de ce que les politiciens prennent un jour les choses en main.
Mais c’est correct : le 15 octobre dernier, André Fortin nous parlait d’une situation dramatique, de la fermeture de services majeurs dans le Pontiac, de la nécessité de primes permanentes pour les infirmières (Selon moi, ça s’appelle une augmentation de salaires; c’est ce sur quoi les libéraux ont misé depuis des années du côté des médecins et on voit ce que ça donne). La pandémie, qui a le dos large, n’a fait qu’exacerber des problèmes qui existaient déjà et qui persistent aujourd’hui. L’approche clientéliste a montré ses limites. Personnellement, j’opérerais, sans mauvais jeu de mots, un retour volontaire vers le « patient ». Faut-il d’ailleurs que je sois « patiente » pour recevoir des soins de santé appropriés dans des délais relativement sensés… Rendez-vous dans dix ans pour mon prochain bilan de santé!