Une dynamique qui pourrait changer à Ottawa

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Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist


Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist

Après avoir discuté, en vue de l’élection du 20 septembre, avec l’ensemble des candidats pour la circonscription de Pontiac, j’en suis venu à la conclusion que nous avons droit à l’une des meilleures cuvées d’aspirants représentants au pays, et ce, pour chacun des partis politiques qui siègent à la Chambre des communes à Ottawa.
En discutant avec la libérale Sophie Chatel, je me disais que j’avais devant moi une personne qui possède une expertise unique, en particulier dans le domaine fiscal, le genre de spécialité recherchée sur la scène fédérale et au sein des comités parlementaires. Le conservateur Michel Gauthier est l’un des meilleurs communicateurs que j’ai pu voir à l’œuvre et il possède une bonne analyse du terrain. Denise Giroux pourrait aisément être élue dans une circonscription du nord de l’Ontario, dans l’un des châteaux forts du NPD, et elle serait alors une parlementaire redoutable. Chez les verts, Shaughn McArthur s’inscrit dans la tradition des candidats les plus crédibles de ce parti, mais les chicanes internes des verts lui enlèvent toute chance d’être élu.
Il faut aussi se rappeler que la circonscription fédérale de Pontiac comptait, en 2016, 115 531 habitants, alors que la MRC Pontiac est composée de 14 000 personnes, soit moins de 10 % de la population de cette vaste circonscription. Les électeurs du secteur de Gatineau et de la MRC des Collines-de-l’Outaouais pèseront donc lourd dans la balance.
Peu importe le résultat du 20 septembre dans Pontiac, c’est sur la scène nationale que les plus grands changements pourraient survenir. Une curiosité un peu malsaine me pousse à chercher qui, dans le camp libéral, a bien pu penser que c’était une bonne idée de déclencher une élection générale au mois d’août, à quelques jours de la rentrée scolaire, dans un contexte de pandémie. Les libéraux auraient dû savoir que l’électeur moyen ne tient pas à tout prix à aller voter, au contraire. En 2006, après avoir demandé la dissolution du gouvernement, l’ancien premier ministre Paul Martin avait d’ailleurs perdu ses élections aux mains de Stephen Harper. À moins qu’il soit élu majoritaire, ce qui serait un retournement de situation, le lendemain de l’élection risque d’être difficile pour Justin Trudeau. La chef des verts pourrait aussi être appelée à partir. Erin O’Toole, Jagmeet Singh et Yves-François Blanchet devraient, eux, demeurer en place. L’élection d’un gouvernement minoritaire entraîne des négociations sur différentes questions et nos élus locaux, comme nos maires et préfètes, doivent être conscients que les priorités et les programmes gouvernementaux pourraient passablement être modifiés si Erin O’Toole remporte l’élection.
Il faudra que nos leaders politiques et communautaires s’assurent de faire connaître les besoins de la MRC Pontiac aux partis politiques fédéraux, d’autant plus qu’au moment d’écrire ces lignes, je suis persuadé que les électeurs du Pontiac devront encore retourner aux urnes au cours des prochaines années.