Remaniement de la Loi 10 : OUI, wanted here!

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Le Pontiac n’est pas une entité politique distincte du reste du Québec. François Legault a décidé de modifier la Loi 101 en y insérant, dans la constitution du Québec, une disposition indiquant que le français est la langue officielle du Québec. S’irriter par cette démarche ou la fustiger rappelle une fois de plus aux francophones du Pontiac combien la marche de la reconnaissance
linguistique est difficile à gravir.
Dans une lettre intitulée « Bill 101 overhaul: not wanted here » (parue le 19 mai 2021 dans le Journal du Pontiac), Lynn Blazek s’insurge du fait qu’on qualifie le Québec de « nation distincte ». Faut en revenir! Depuis novembre 2006, la Chambre des communes a adopté une motion du gouvernement de Stephen Harper reconnaissant « que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni ». Même le premier ministre Justin Trudeau a déclaré tout récemment que le Québec avait le droit d’amender la Constitution de 1867 pour
y inscrire que « le Québec forme une nation et que le français y est la seule langue
officielle ». Est-ce si difficile à comprendre que pour garder sa langue et sa culture, il faille la protéger? Par une loi, si nécessaire?
Son billet parle aussi de « Numerous referendums have proven Quebecers wish
to remain Canadian ». Il y en a eu que deux (2) : le premier en mai 1980 et le second en octobre 1995. Les deux ont été teintés par une ingérence éhontée du fédéral dans une affaire qui ne concernait que les Québécois et qui pèse encore lourdement sur les cœurs souverainistes.
Elle poursuit son envolée en suggérant que « Quebec should keep its nose out of the business sector when it comes to the hiring process ». NON, pas d’accord! Voilà pourquoi nous sommes si mal servis en français dans plusieurs commerces de la région. Et si, toujours selon L. Blazek, « the argument that the French language is disappearing in Québec is a government ploy or propaganda », c’est qu’elle n’a rien compris de ce qu’il en coûte pour obtenir les services auxquels les francophones ont droit, pour ne pas s’entendre répondre « Sorry, I don’t speak French ». Bonjour Shakespeare!
Elle disait : « We live near Shawville where most people are bilingual [même les anglophones?] and everyone has respect for both languages ». Cette affirmation me laisse perplexe et me rappelle une conversation avec un membre de ma famille qui a choisi de vivre sa vie en anglais. Il m’a dit : « If you really respected me, you’d talk to me in English ». Je me suis posé la question : et moi, est-ce que je ne mérite pas ton respect puisque tu me parles toujours en anglais? Est-ce que le respect est à sens unique? Mon père nous disait toujours que le respect, ça se méritait. Alors, qu’est-ce que je dois faire pour mériter ton respect? Te parler toujours dans ta langue? Et toi, comment me respectes-tu en retour si je dois toujours t’adresser la parole en anglais?
Quand j’ai lu la lettre intitulée : « Bill 101 overhaul: not wanted here », j’ai grincé des dents. Pourquoi pas ici? Cessez de vivre en vase clos. Le Pontiac n’est pas une enclave distincte pour anglophones, un club privé ou une association secrète. Le remaniement de la Loi 101 : OUI, wanted here!

Linda Godin
ÎLE-DU-GRAND-CALUMET