Pénurie de main-d’œuvre, même chez les élus municipaux

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Francois Carrier
Éditorialiste Invité
Guest Editorialist


Francois Carrier
Éditorialiste Invité
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Dans environ un mois, les citoyens du Pontiac devront élire leurs maire(sse)s et conseiller(ère)s. En incluant l’ensemble des postes en élection, c’est 133 élus municipaux qui seront engagés pour un mandat de quatre ans, afin de prendre des décisions pour les 18 municipalités de la MRC Pontiac, la municipalité de Pontiac et la MRC des Collines-de-l’Outaouais. C’est huit personnes de plus que le nombre de députés à l’Assemblée nationale à Québec, qui s’élève à 125.
Ce nombre élevé d’élus municipaux représente sans contredit un défi de recrutement. Si la pénurie de main-d’œuvre est une réalité pour les entreprises, cette réalité est aussi vraie en politique municipale. En analysant les mises en candidature dans les différentes municipalités, on se rend compte qu’à certains endroits, les mêmes candidats se présenteront au poste de maire. C’est le cas pour Thorne, Shawville, Alleyn-et-Cawood, L’Île-du-Grand-Calumet, la MRC Pontiac et la municipalité de Pontiac, où les principaux candidats sont les mêmes personnes qu’aux élections de 2017 ou tout simplement d’anciens maires. À d’autres endroits, comme à Fort-Coulonge, Otter Lake et Waltham, le recrutement a été particulièrement difficile. Lorsqu’on considère que certains seront élus par acclamation aux postes de maires et de conseillers, force est de constater que les candidats ne se bousculent pas aux portes.
Les élus qui entameront leur mandat cette année doivent relever le défi collectif du recrutement. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette question devrait occuper les pensées quotidiennes des élus afin de trouver les meilleurs candidats, quitte à se faire remplacer soi-même.
Il existe divers moyens de favoriser cette participation : formation de comités citoyens sur des questions précises, activités de consultation avec la population, séances sur des enjeux pour promouvoir la communauté, etc.
Il faudra aussi réfléchir, non pas au salaire, mais bien à la qualité de vie des élus municipaux. En effet, si les salaires sont déjà peu élevés, les horaires dissuadent bon nombre de femmes et de gens sur le marché du travail de s’impliquer au sein du conseil. Cette question doit certainement faire l’objet d’une réflexion. Il devient nécessaire de s’inspirer de certains modèles qui fonctionnent afin d’offrir de meilleures conditions à nos élus municipaux.
En conclusion, un élu – qu’il soit municipal, provincial ou fédéral – a pour fonction de prendre des décisions pour le bien actuel et futur de sa communauté. C’est surtout lorsque les citoyens reçoivent leur compte de taxes ou encore lorsqu’on subit une inondation qu’on s’aperçoit de l’importance de nos municipalités. Il est donc important de compter sur un groupe de personnes possédant plusieurs qualités.
En diversifiant les candidatures, on donne davantage de choix aux citoyens, qui peuvent ainsi décider de ce à quoi ressemblera leur avenir.