« Nous espérions que cela irait plus loin », dit le député André Fortin – Québec reconnaît le sous-financement en Outaouais

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Allyson Beauregard


Allyson Beauregard

OUTAOUAIS – Le 30 octobre dernier, l’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’unanimité une motion reconnaissant les défis uniques de l’Outaouais en tant que région frontalière, de même que sa part inégale du financement public pour la santé, l’enseignement supérieur et la culture au cours des dernières années, une
situation qui a eu un impact négatif sur le développement économique et
culturel de la région. Mathieu Lacombe, ministre responsable de la région de l’Outaouais et député de Papineau, a présenté la motion.  
Cette nouvelle survient un peu plus d’un an après que Bertrand Schepper de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) ait publié une étude confirmant la théorie d’Équité Outaouais (ÉO) sur le sous-financement drastique des systèmes de santé et d’éducation en Outaouais. L’étude a démontré que si l’Outaouais représente 4,7 % de la population du Québec, elle ne reçoit que 3,5 % du budget provincial de la santé, ce qui représente un manque
d’environ 250 millions $ par année.
ÉO, un organisme qui mobilise les résidents de l’Outaouais préoccupés par les inégalités dans les services de santé, d’éducation et de justice sociale, a approché l’IRIS pour mener cette étude en janvier 2018. L’étude a combiné les cinq MRC de l’Outaouais et les a comparées à des régions similaires : Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean et Mauricie et Centre-du-Québec.
Bien que plusieurs aient salué l’adoption de la motion comme un pas dans la bonne direction pour régler le problème, le député de Pontiac, André Fortin, s’est dit un peu déçu.
 « C’est plus symbolique que contraignant. Nous espérions que cela irait plus loin. En fait, comme le gouvernement a refusé notre amendement, il n’y a rien de contraignant dans la motion. C’est simplement l’expression d’un fait, que l’Outaouais est différent de bien d’autres régions et que dans les domaines de la santé, de l’enseignement supérieur et de la culture, le financement par habitant est inférieur à celui des autres régions », a-t-il dit.
M. Fortin a déposé un amendement exigeant que le gouvernement
« investisse d’ici le prochain budget, en utilisant les marges financières disponibles pour répondre aux besoins en santé, en enseignement supérieur et en culture avec des mesures spécifiques dédiées à l’Outaouais », mais il a été rejeté.
ÉO appuie la motion.
« Le [sous-financement] en Outaouais a été négligé pendant trop longtemps. Cette situation nous empêche de nous développer au même rythme que les autres régions du Québec », a déclaré l’organisme dans un communiqué de presse, en soulignant qu’il fait la promotion d’un projet de loi d’équité interrégionale qui permettra à toutes les régions du Québec d’atteindre un niveau de financement équitable.
 « En fin de compte, la relance de l’Outaouais devra s’appuyer sur un plan d’ensemble qui s’échelonnera sur plusieurs années… la motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale est la preuve qu’il est possible de s’attaquer aux inégalités interrégionales et que nous pouvons aller vers un consensus sur les actions [nécessaires] pour les [combattre] », a conclu le communiqué de presse.