Les fermiers disent « Non! » au Partenariat transpacifique Des tracteurs et du bétail sur la Colline du parlement

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Allyson Beauregard (tr. L. T.)

OTTAWA – Le 29 septembre dernier, la Colline du
parlement, du Monument de la guerre jusqu’à la rue Bank, était envahie par des centaines de producteurs laitiers, des tracteurs de ferme et du bétail. Ils

Allyson Beauregard (tr. L. T.)

OTTAWA – Le 29 septembre dernier, la Colline du
parlement, du Monument de la guerre jusqu’à la rue Bank, était envahie par des centaines de producteurs laitiers, des tracteurs de ferme et du bétail. Ils
protestaient contre la signature, par le Canada, du Partenariat transpacifique qui représente une menace directe à leur principale source de revenus. En plus de la longue procession de tracteurs et de bétail dans la
rue, plusieurs participants brandissaient des piquets
et renversaient du lait sur la chaussée. D’autres
protestations ont aussi lieu, dont une, le 30 septembre,
à Herdman à la frontière près de Chateauguay.
Les fermiers du Québec et de l’Ontario ont exprimé leur crainte que le PTP, une importante entente
commerciale entre 12 pays négociée en secret à Atlanta, en Georgie,  la semaine dernière, signifie la fin du
système de gestion de l’offre qui leur permet de retirer des profits de l’opération de leurs fermes. D’après cette entente, 10% du marché du lait canadien pourrait être ouvert aux producteurs américains.
Le système de la gestion de l’offre sert à contrôler le prix de certains produits tels le lait, les oeufs et le
fromage. C’est un système qui vise à établir un équilibre entre la production domestique de certains produits agricoles et la demande pour ces produits et aussi à en limiter les importations afin de protéger le marché canadien contre les produits étrangers. Ce système
permet d’éviter des variations importantes des prix.
L’entente du Partenariat transpacifique remplacerait l’ALENA (Accord de libre échange nord-américain) et permettrait aux grosses
corporations de poursuivre en justice les gouvernements qui imposent des
limitations à leurs profits soient par des lois environnementales, des lois du
travail ou de sécurité.
Plusieurs producteurs
du Pontiac participaient à cette manifestation, dont Robbie Beck des fermes Cyrus et Robbie Beck
de Shawville. Edward Rusenstrom, Christopher Tracey, Kyle Hodgins, tous des producteurs laitiers, se sont rendus à la protestation en camionnette avec une remorque à bétail et une vache laitière, Lea,
de la ferme de M. Beck.  Stéphane et Justin Allarie de Luskville se sont rendus à Ottawa en tracteur.
« Nous voulons lancer deux messages: premièrement au gouvernement, pour lui demander de
protéger le système de gestion de l’offre non seulement avec des mots, mais en maintenant les tarifs à l’importation; deuxièmement
à la population, pour leur faire comprendre que les produits que nous sommes fiers d’offrir sont menacés », expliquait M. Beck, qui
précisait que la manifestation avait été organisée très rapidement.
« Nous avons découvert lundi à 15 heures que la manifestation aurait lieu. Nous pensions que le moment était bien choisi pour exprimer notre
opposition au moment où les négociations sont en cours ».
Beck et la plupart des fermiers comprennent que le Partenariat transpacifique pourrait être
avantageux pour d’autres productions agricoles, comme pour la production bovine, à condition de faire des concessions sur les
produits laitiers. « Nous ne voulons pas être les victimes de ces négociations », déclarait-il au Journal.
Citant l’exemple de l’entente CETA (Entente commerciale et économique) signée l’an dernier par le gouvernement Harper, qui a permis l’entrée au pays
de 17 700 tonnes de
fromages étrangers par année (soit l’équivalent de 1% du marché canadien des
produits laitiers), M. Beck a peine à croire la promesse de Harper de défendre le système de gestion de
l’offre. « Les quatre piliers de notre système de gestion de l’offre sont: le contrôle de l’entrée des produits étrangers, l’imposition de frais de douane, les quotas de production et la fixation des prix afin que les prix correspondent aux coûts
de production. D’un côté, Harper affirme qu’il
protégera la gestion de
l’offre, mais, d’un autre côté, il est aussi en faveur de laisser entrer des produits de l’étranger.  Vous ne pouvez pas faire les deux, alors quelle est sa vraie position? », disait M. Beck, affirmant que les compensations promises aux producteurs laitiers ne sont pas suffisantes si
l’entente Transpacifique est signée. M. Beck ajoutait que l’enjeu, c’est l’avenir de
l’industrie laitière et que le PTP affecterait l’ensemble de l’économie du Pontiac.
« Lors de l’entente CETA, des compensations avaient aussi été promises, mais cette promesse est tombée à l’eau. Je ne
pense pas qu’ils se souviendront de leur promesse », concluait M. Beck.