L’effet papillon

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Domanique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist


Domanique Bowmans
Éditorialiste Invitée
Guest Editorialist

« Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » La réponse simple est PEUT-ÊTRE ! La réponse, un peu compliquée, serait la suivante : « Le battement d’ailes d’un papillon non pris en compte est peut-être celui qui entraînera de proche en proche une variation, évoluant comme l’exponentielle du temps écoulé, de conditions atmosphériques. » Mais ce n’est pas le papillon qui nous intéresse ici, ni son battement d’ailes, ce ne sont pas non plus les phénomènes météorologiques, même si les tornades sont de plus en plus fortes et de plus en plus fréquentes.
Il y a de cela un peu plus de 45 ans, Pierre Elliot Trudeau était le premier dirigeant canadien à visiter la Chine, échangeant une poignée de main symbolique avec le leader chinois du moment, instigateur de la révolution culturelle, Mao Tsé-Toung. En 1986, Brian Mulroney poursuivait ce qui avait été commencé, échangeant une autre poignée de main symbolique et assurant les arrières économiques du Canada. La répression de Tiananmen laisserait un léger froid dans les relations entre les deux pays; le Canada imposerait même quelques sanctions à la Chine, mais cela ne durerait pas. Quelques années plus tard, Jean-Chrétien échangeait une poignée de main symbolique avec Jiang Zemin, le secrétaire général du parti communiste chinois. Depuis lors, les relations commerciales avec la Chine se sont intensifiées et l’Empire du milieu est devenu, en 2001, le deuxième partenaire commercial du Canada.
Si les relations se sont à nouveau un peu refroidies sous Stephen Harper qui avait le tort de faire des droits de l’Homme son cheval de bataille, elles se sont clairement réchauffées avec Justin Trudeau qui échangeait, pas plus tard qu’en 2016, une poignée de main symbolique avec Ma Yun, le patron d’Alibaba, géant de la vente en ligne en Chine, assurant ainsi une relation commerciale dont son père avait posé les premières pierres il y a quelque 45 ans de cela… jusqu’à aujourd’hui.
La révolution culturelle chinoise aurait fait entre des centaines de milliers de morts et plusieurs millions. Le massacre de Tienanmen aurait fait 10 000 morts, civiles. Peut-être est-ce parce qu’il ne s’agissait pas de la mort de Canadiens que se sont serrées symboliquement autant de poignées de main ? Aujourd’hui, c’est un Canadien qui est condamné arbitrairement à mort, Robert Lloyd Schellenberg, mais finalement, ce que j’ai compris, c’est que son nom importe peu; ce qui inquiète surtout, c’est l’état de nos relations diplomatiques avec la Chine
pouvant entraîner la détérioration de nos relations commerciales.
Si les droits de l’Homme ne sont pas sérieusement pris en compte, il ne faut pas
s’étonner que le pays qui ne les a jamais respectés fasse des affaires à sa manière, mais ce qui compte finalement, c’est bien de payer moins cher et donc d’acheter chinois.
Certaines poignées de main ont des conséquences aussi désastreuses qu’une
tornade.