À l’approche de l’été, le retour des cyclistes sur la Route verte — le réseau cyclable provincial du Québec — rappelle que cette piste est bien plus qu’un simple corridor récréatif. Dans le Pontiac, le Cycloparc PPJ fait partie de ce réseau, attirant des visiteurs de partout au Québec et d’ailleurs. La portion locale s’étend sur environ 92 kilomètres, de Bristol à L’Isle-aux-Allumettes, en passant notamment par Campbell’s Bay, Shawville et Fort-Coulonge, tout en mettant en valeur les villages, les paysages agricoles, les rivières, les commerces et le patrimoine de la région.
La piste a déjà été au cœur de débats importants, particulièrement concernant la portion entre Campbell’s Bay et Fort-Coulonge. Les appels de certains groupes à consacrer davantage d’espace aux véhicules tout-terrain ont soulevé une question plus large : quel type de développement la région souhaite-t-elle encourager ?
Aujourd’hui, cette question demeure pertinente. Préserver la Route verte dans le Pontiac ne signifie pas s’opposer aux autres activités de plein air. Cela signifie reconnaître la valeur unique d’un réseau cyclable continu, sécuritaire et accueillant. Les cyclistes ne font pas que traverser une région. Ils s’arrêtent pour manger, passent la nuit, visitent les attraits locaux, découvrent les communautés et reviennent. Ce faisant, ils soutiennent une économie locale plus durable.
Cette vision dépasse largement le Pontiac. Vélo Québec, dont la mission est de promouvoir la culture du vélo, a récemment lancé Le Québec à vélo, une plateforme interactive conçue pour aider les cyclistes à planifier leurs sorties et leurs voyages en regroupant itinéraires cyclables, routes de gravelle, services, attraits et hébergements. Le cyclotourisme attire déjà plus de 1,2 million de personnes par année au Québec, générant 803 millions de dollars en dépenses touristiques, plus de 3 millions de nuitées et soutenant près de 6 400 emplois.
Dans ce contexte, le Pontiac ne peut plus se considérer à l’écart du mouvement. Au contraire, il offre exactement ce que recherchent de nombreux cyclotouristes : de grands espaces, des villages à échelle humaine, des paysages variés, une histoire riche et un rythme qui invite à ralentir. La Route verte relie tous ces éléments. Les efforts récents visant à promouvoir le cyclotourisme devraient encourager la région à mieux entretenir, mieux signaler et mieux mettre en valeur sa portion de la piste. Le gouvernement du Québec a également annoncé un financement accru pour soutenir la gestion de la Route verte à travers la province.
Préserver la Route verte dans le Pontiac, c’est protéger un patrimoine collectif tout en misant sur un avenir touristique durable et prometteur. Cet été, chaque cycliste qui empruntera la piste rappellera que ce parcours représente bien plus qu’un simple sentier.





